
Une catastrophe pas si naturelle
Le 11 mars 2011, un tremblement de terre de magnitude 9 provoquait un tsunami au nord-est du Japon. Les vagues ont déferlé sur la centrale nucléaire de Fukushima, entraînant la fusion de trois réacteurs. Début avril, on comptait 10 000 morts et 16 000 disparus, pour beaucoup victimes des explosions survenues dans la centrale et des rejets toxiques.
Lors de la construction de la centrale, le gouvernement et l’entreprise Tepco avaient promis qu’il n’y aurait jamais d’accident. Mais Tepco avait été épinglée de multiples fois pour ses manquements aux règles de sécurité, notamment en 2002, après le recensement de 97 incidents depuis 1978. Tepco reconnaîtra en 2012 avoir minimisé les risques de tsunami pour éviter une fermeture. La réaction chaotique des autorités, qui ont essayé dès le début de minimiser la catastrophe, a elle aussi contribué à aggraver les dégâts.
Désastre écologique et social
Les déchets nucléaires et produits toxiques ont contaminé toute la région, mais aussi l’océan Pacifique. Les maladies en tout genre ont affecté les habitants, parfois au-delà de la région de Fukushima, à cause de la contamination de l’eau et de la nourriture. Le fait que le gouvernement ait rehaussé le seuil de toxicité (au-delà duquel on ne pouvait consommer les produits affectés) n’y est pas pour rien.
Pour décontaminer la centrale, des milliers d’ouvriers (surnommés les « liquidateurs ») ont été mobilisés, souvent très mal payés et protégés de façon sommaire. En plus des morts, on compte des centaines de milliers de déplacés. Le gouvernement japonais a annoncé en 2017 la suppression des indemnités de dédommagement pour les déplacés, alors même que les zones autour de Fukushima ne sont pas toutes décontaminées, leur laissant le choix entre rentrer chez soi et mourir de maladie, ou mourir de la misère.
Un danger toujours actuel
La catastrophe de Fukushima, comme celle de Tchernobyl ou de Three Mile Island, met à mal le discours des industriels qui présentent l’énergie nucléaire comme une énergie verte et sûre. Mais leur soif de profit se traduit par la volonté systématique de faire des économies, notamment sur la sécurité, en particulier par le recours à la sous-traitance, et prépare de nouvelles catastrophes, au Japon comme dans les autres pays, en particulier en France.
Robin Klimt