Priorité à l’auto-organisation
Notre NPA-R est une organisation avec des camarades implantés dans beaucoup de secteurs : les transports, la poste, la santé, l’industrie automobile, pharmaceutique, l’éducation, le social, etc. Ce qui veut dire être aussi implantés dans nos syndicats, mais on doit être bien conscients de leur nature contradictoire, à la fois organisations de masse, mais aussi intégrés à l’appareil d’État capitaliste, avec des fonctionnements bureaucratiques. Alors nous y sommes présents, pour créer des grappes de solidarité et de combativité, mais en y mettant des conditions essentielles : développer l’auto-organisation avec nos collègues et réfléchir à nos interventions syndicales dans nos comités et dans le parti. Parce que sans réflexion collective des enjeux, on se fait fatalement absorber par leur fonctionnement. Donc c’est indispensable d’élaborer une politique communiste et révolutionnaire et indépendante vis-à-vis des directions syndicales.
Lors du mouvement contre la loi Travail…
Notre comité dans le travail social s’est créé en 2016 pendant le mouvement contre la loi Travail. Nous y avons mené une activité dans un collectif auto-organisé avec plein de collègues et d’étudiants du social qui se retrouvaient dans la grève, aussi bien pour peser dans la lutte interpro contre la loi travail, mais aussi pour faire le lien avec nos propres revendications sectorielles, qui en fait étaient les mêmes partout où on bossait.
… un réseau, une coordination nationale
Nos expériences se sont articulées par des centaines d’assemblées générales, de grèves actives, de cortèges communs et interprofessionnels, de confrontation directe avec les patrons et directions, ou même avec les forces de répression, quand on a envahi des lieux, etc. Cela a abouti à la construction d’un réseau et d’une coordination nationale du secteur qui a été capable de déborder les directions syndicales et de mener aux plus grandes grèves de ces quarante dernières années dans le secteur. Alors évidemment on fait face aussi à des périodes de reflux, mais tous ces liens sont des acquis. Ce qui permet au parti d’aider à penser l’action révolutionnaire dans un temps plus long.
Pendant la grève des retraites de 2023, nous avons aussi mené des actions comme l’envahissement de la mairie du 9e qui appelait à la réquisition des éboueurs grévistes ou à utiliser les sociétés privées. Il y a aussi toute l’activité syndicale qu’on mène, en contradiction bien souvent avec la direction de notre syndicat. Comme pendant la grève de l’ASE (aide sociale à l’enfance) où un des permanents refuse que les grévistes décident elles-mêmes de qui va composer la délégation reçue par la direction parce qu’il faudrait limiter le nombre à deux. Nous finissons par débarquer à 15 !
L’intérêt de construire des groupes politiques dans les entreprises c’est en partie tout cela : élaborer une politique commune ; proposer et discuter d’une analyse politique révolutionnaire avec les collègues ; regrouper les luttes ; prendre des initiatives ; mener une politique indépendante des syndicats.
Avoir comme boussoles la grève et l’auto-organisation des travailleurs et travailleuses.