Contre la montée des protectionnismes, des nationalismes et racismes
L’internationalisme ouvrier est notre boussole. Les travailleurs du monde entier sont pressurés par cette rapacité et cette fuite en avant qui prend une tournure de plus en plus guerrière, tandis que les États des grandes puissances mettent des budgets colossaux au service des groupes capitalistes. Cela fait partie de l’arsenal protectionniste dont le plus spectaculaire est évidemment celui des États-Unis qui ont le rapport de force économique et une armée puissante pour l’imposer.
Les tarifs douaniers, les quotas d’importation ou d’exportation sur l’acier ou autre produit « stratégique », les règles de production à respecter pour instaurer ce qu’ils appellent une « concurrence équitable », l’attribution des marchés publics en instaurant une préférence nationale ou européenne – ce qui est discuté en ce moment – ne protégeront en rien les travailleurs, c’est plus à une cure d’austérité sévère qu’ils doivent s’attendre. La guerre commerciale que se mènent les puissances se fera avec leur sueur s’ils ne reprennent pas le chemin de la lutte de classe avec leurs frères d’Amérique ou d’Asie. Le mythe du Made in France est agité par la panoplie des syndicats, des partis de gauche, de droite, par des patrons petits et grands de manière démagogique, il exploite les préoccupations légitimes des travailleurs qui se posent le problème de conserver leur boulot, de protéger le petit producteur du coin ou de polluer moins en consommant local. Mais c’est un mensonge réactionnaire, on leur demandera juste de faire des sacrifices et de serrer les dents !
Dans la production mondialisée, les travailleurs sont interconnectés, manipulent des matériaux et pièces détachées venues du monde entier et sont souvent employés par les mêmes patrons aux quatre coins du globe. Pour prendre conscience qu’ils ont des intérêts communs, que cet appareil de production mondial pourrait être rationalisé et mis au service des intérêts collectifs de l’humanité s’ils en prenaient la tête, il leur faut autre chose qu’une idéologie nationaliste. Les révolutionnaires sont les seuls à défendre une perspective lutte de classe et internationaliste : les travailleurs doivent se battre contre leur propre patron et leur État national, lutter pour arracher des salaires qui suivent l’inflation, pour sauver leurs emplois et pour le partage du temps de travail entre tous. Les travailleurs immigrés et ceux qui, par-delà des frontières, travaillent sous la férule des mêmes multinationales sont leurs potentiels et leurs seuls alliés. À un moment ou à un autre, c’est vital, les travailleurs devront remettre en cause à qui appartient cet appareil de production qui broie des vies, qui le dirige et comment. Ce n’est donc pas un hasard si le raidissement protectionniste actuel va de pair avec une politique migratoire de plus en plus féroce, répressive, dressant des murs pas seulement idéologiques mais bien réels entre les travailleurs, de manière à terroriser, à diviser, afin de maintenir un système capitaliste chaotique et incapable de répondre aux besoins de l’humanité.