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Grève de l’enseignement en Moselle : « Moins de porte-avions, plus de porte-plumes »

Dès la rentrée de septembre, 92 classes pourraient être fermées en Moselle, menaçant plus de 45 postes. Des postes d’enseignants, mais aussi d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), en grève devant la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN) mardi 31 mars.

Jeudi 9 avril, c’est au tour des enseignants de laisser le tablier au casier pour dénoncer une énième entourloupe ; on répond à leurs préoccupations face à ces fermetures que seront ouvertes… au maximum 27 classes, selon les nouveaux découpages scolaires. Si Metz et ses alentours sont davantage concernés qu’auparavant, tant pour les classes élémentaires que primaires, ce sont surtout les zones rurales qui s’alarment.

Devant la préfecture de Moselle, ils sont venus de bonne heure et de tout le département, dont du pays de Bitche, région la plus sévèrement touchée par les suppressions de postes (les estimations des syndicats y évoquent 13 suppressions). Sur place, on regrette de voir les dates s’enchaîner, « chaque métier a eu la sienne depuis mars » ironise une gréviste, pour les mêmes revendications : de l’argent pour l’éducation, par pour un nouveau porte-avions, ni pour une rallonge de 7 milliards du budget militaire.

On discute aussi de la réforme des concours de l’enseignement, accessibles à bac+3. Entre imbroglio administratif et rétropédalage, cette réforme, pour laquelle le ministère n’a toujours pas daigné donner la moindre maquette, promet déjà de réduire le nombre d’enseignants diplômés chaque année en Lorraine. Pourtant, comme le dit une enseignante, la baisse démographique agitée comme justification à ces réductions de postes, « on attend encore de la voir dans nos classes ».

Benjamin Palka