Après les lois d’orientation agricole et loi « Duplomb », un nouveau projet de loi, dite « d’urgence agricole », a été porté au Conseil des ministres le 8 avril. Dans la même veine que les précédentes, il vise, entre autres mesures, à mettre en place des facilitations juridiques pour l’irrigation agricole, augmenter la construction de retenues d’eau et renforcer le rôle de l’État dans la gestion de la précieuse ressource liquide. Les consultations pour la mise en place de projets hydrauliques deviendront « facultatives »… Pourquoi se prendre la tête à faire semblant de demander leur avis aux gens si de toute façon on va construire des méga-bassines ?
En plus de cela, les mesures de protection des zones humides sont revues à la baisse, ainsi que les exigences pour limiter les impacts des élevages sur l’environnement. Le sénateur Laurent Duplomb veut d’ailleurs profiter de l’occasion pour promouvoir de nouveau la ré-autorisation de deux néonicotinoïdes neurotoxiques, pour répondre aux exigences de l’industrie sucrière.
L’État et les syndicats agricoles majoritaires pèsent de tout leur poids pour garantir un approvisionnement en eau aux gros agriculteurs irrigants (seulement 11 % de la surface agricole utile est irriguée, principalement pour produire du maïs et du blé) et défendre le modèle du capitalisme agricole français. Face au dérèglement climatique, à la crise environnementale et à la détresse de nombreux agriculteurs, ceux qui détiennent les rênes de l’agriculture nous emmènent droit dans le mur. L’urgence agricole, c’est de changer le système !
14 avril 2026, Jean Einaugig