Nos vies valent plus que leurs profits

Repas à un euro, vaisselle comprise !

Présentée par le PS comme une « victoire politique », la généralisation du repas à un euro pour tous les étudiants lui a servi de justification pour voter le budget d’attaques de Lecornu. Une mesure minimale alors que la précarité étudiante explose. Mais encore aurait-il fallu lui donner les moyens d’exister.

Car cette généralisation va mécaniquement augmenter l’affluence dans des restaurants universitaires déjà saturés. Lors du vote en 2024, son coût était estimé à 90 millions d’euros par an. Le budget actuel n’en prévoit que 50 millions pour l’année 2026. Résultat : manque de personnel et surcharge de travail.

Pour pallier l’absence de moyens humains et financiers à la hauteur des besoins, la direction des Crous déborde d’idées : intégrer l’IA, sous-traitance ou même la « plonge participative », que les étudiants fassent eux-mêmes la vaisselle ! Bref, tout sauf des moyens.

Face à ce cynisme, des travailleurs et travailleuses des Crous se sont mis en grève le 2 avril à Grenoble, Montpellier, Aix-Marseille, Bordeaux et ailleurs, à l’appel de la CGT. Des grèves pour exiger des moyens à la hauteur. Des débuts modestes qui pourraient se renforcer et se généraliser.

On ne combattra pas la précarité étudiante sans y mettre le prix et certainement pas sur le dos de celles et ceux qui la subissent au quotidien.

Lou Le Brishoual