Les soignants des urgences du CHU de Nantes sont en grève depuis le 16 mars pour l’ouverture de 120 lits d’aval et la création de 10 postes supplémentaires. Travaillant dans des conditions dégradées en permanence, ils ont engagé un bras de fer avec la direction de l’hôpital. Rassemblements devant l’entrée des urgences, envahissement des bureaux de la direction, vidéos humoristiques mettant en scène les rebondissements de la mobilisation sur le compte Insta de la grève très suivi (@urgences.nantes) : la mobilisation est visible !
Mais ils se heurtent à une direction qui joue la montre, allant même jusqu’à annuler une rencontre avec les grévistes et les syndicats le 7 avril dernier, au prétexte qu’un rassemblement simultané devant les locaux de la direction menaçait sa sécurité.
Multiplication des grèves, service par service, à regrouper
Déjà fin janvier, les quatre services de néphrologie se sont mis en grève. Début février, c’était au tour de la réanimation pédiatrique de se mobiliser, pour alerter sur le manque de personnel chronique. Et le 17 mars, un service de gériatrie débutait une grève pour les mêmes raisons. Depuis l’automne 2025, dix services se sont mis en grève, pour des postes et contre la surcharge de travail. Partout les problèmes sont les mêmes.
Ces grèves en ordre dispersé montrent une détermination à ne pas se laisser faire et l’accumulation d’expériences collectives. Autant de points d’appui pour un mouvement d’ensemble, seul à même d’imposer les revendications. Car tous les services sont liés : à Nantes, l’ouverture de 120 lits d’aval sur l’ensemble de l’hôpital permettrait de fluidifier les passages aux urgences mais aussi d’améliorer les conditions de travail dans tous les services concernés. Pour l’obtenir, il faudra surmonter la logique du « service par service », en coordonnant ces luttes dispersées, à l’échelle de l’hôpital et au-delà.
Correspondant