Le Tripode, 2025 (pour la nouvelle édition française), dix volumes, en cours de publication
Et si le meilleur témoignage sur les horreurs de la Seconde Guerre mondiale au Japon était un manga ? Dans les années 1970, Keiji Nakazawa entreprend le récit largement autobiographique d’une famille habitante d’Hiroshima et offre en dix tomes une fresque sur dix ans de la société japonaise où rien n’est épargné.
Dans la droite ligne des discours pacifistes de son père, l’auteur s’attache à montrer que si les élites japonaises ne se sont pas mal sorties de la défaite militaire et de l’occupation américaine, les classes populaires ont, elles, payées de mille et une monstruosités les conséquences d’une guerre qui n’était pas la leur.
Adoubée et préfacée par l’illustre Art Spiegelman, l’auteur de la BD-monument Maus sur le génocide des Juifs, utilisée dès sa parution par des organisations politiques américaines pour dénoncer notamment l’enfer des bombardements nucléaires, traduite dès les années 80 en français à une époque où bien peu de mangas avaient une chance de sortir en Europe, l’œuvre de Keiji Nakazawa était pourtant devenue difficilement accessible en France à des prix corrects. Une réédition des dix tomes, étalée d’octobre 2025 à mai 2027, aux éditions Le Tripode vient corriger ce manque.
Frank Rouvier