
Les températures sont retombées, mais le dôme de chaleur précoce qui nous a fait suffoquer la semaine dernière ne sera pas qu’un lointain souvenir : nous ne sommes même pas encore au début de l’été et avec le changement climatique causé par le capitalisme, ce type de phénomène va devenir de plus en plus fréquent.
Pour le gouvernement, comme pour les patrons : circulez, travaillez, y’a rien à voir !
Alors que des records de température étaient atteints un peu partout sur le territoire, pour le gouvernement, il a été urgent… de ne rien faire. Dans les hôpitaux, totalement démunis face à la chaleur, les patients comme le personnel ont subi des températures invivables. Ce sont les soignants qui ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour ne pas mettre les malades en danger, utilisant comme toujours la seule ressource à leur disposition : le système D !
Écoles, collèges et lycées sont restés ouverts, entassant les élèves dans des salles de classe dépassant bien souvent les 30 °C. Les épreuves du bac professionnel ont été maintenues. Alors que le bâti scolaire est totalement inadapté pour faire face aux vagues de chaleur, la loi ne fixe aucun seuil maximal de température dans les salles de classe… comme dans le Code du travail. Le ministre de l’Éducation a pu tranquillement affirmer que les fermetures d’établissement devaient rester exceptionnelles. Car dans la société capitaliste, dont la priorité est l’exploitation, les gosses doivent être gardés, pour que les parents continuent à travailler, pendant que les patrons restent bien au frais dans leurs salons climatisés.
Pour Tabarot, ministre des Transports : « L’État n’est pas responsable de tout sur tous les sujets. Il y a les acteurs locaux aussi. » Farandou, ministre du Travail, a assuré faire confiance aux entreprises du BTP pour préserver la santé des ouvriers en période de forte chaleur… On devrait compter sur l’empathie des patrons qui nous exploitent toute l’année pour nous protéger ! Et c’est pour cela que chaque année, plus de 700 travailleurs meurent au travail, notamment à cause de la chaleur, comme ce jeune couvreur de 19 ans, mort d’hyperthermie dans la Drôme la nuit de jeudi à vendredi dernier.
Pour nous protéger, à nous de réagir collectivement
De fait, cette semaine a été éprouvante : après des nuits tropicales, dans des appartements qui sont bien souvent des bouilloires thermiques en été, il a fallu prendre les transports étouffants et travailler comme si de rien n’était. Dans les transports en commun, rien n’impose aux sociétés exploitantes de prévoir une climatisation, et, du fait du manque de moyens d’entretien, elle est souvent hors service. Plus de 40 °C ont été relevés dans des TER, comme dans les cabines de conduite des bus. Trains et tramways sont tombés en panne. L’année dernière en juin, lors d’une vague de chaleur, des grèves et des droits de retrait avaient été organisés par les travailleurs du transport. Cette année, il y a aussi eu des réactions. Par exemple un débrayage a éclaté au technicentre industriel SNCF de Rouen Quatre Mares : pas question de travailler sous plus de 40 °C, alors que la clim’ des bureaux des chefs renvoyait directement son air chaud… dans les ateliers des ouvriers !
Le capitalisme, avec son mode de production effréné et la pollution qu’il génère, détraque le climat. Il faudra le renverser pour que la planète reste vivable. En attendant, pas question d’en payer le prix par notre santé et même nos vies. Alors, à nous d’imposer ce qui est nécessaire : des pauses supplémentaires, de quoi nous rafraîchir, ou refuser de travailler lorsque cela nous met en danger. L’action collective, voilà bien le seul moyen de nous protéger !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 1er juin 2026