Le Parlement a adopté une loi reconnaissant la « part de responsabilité » de l’État dans le scandale du chlordécone aux Antilles. Ce pesticide a été utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et à la Martinique jusqu’en 1993 malgré des alertes de l’Organisation mondiale de la santé sur sa dangerosité. Plus de 90 % de la population adulte en Guadeloupe et Martinique est contaminée, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, qui a conclu en juillet 2021 à une relation causale probable entre chlordécone et risque de cancer de la prostate. Pendant des décennies, les pouvoirs publics sont restés les bras croisés en laissant les planteurs de bananes utiliser ce produit qui a non seulement empoisonné les populations mais aussi les sols, les eaux et la végétation. L’adoption de cette loi est une petite avancée pour les victimes et leurs familles mais, pour l’instant, leur indemnisation a été repoussée aux calendes.