
Le 2 juin, à Stellantis Mulhouse, le patron du groupe Antonio Filosa est venu avec deux ministres (Économie et Industrie) annoncer officiellement un milliard d’investissement en France sur quatre ans. Une semaine avant, le 26 mai, Macron à l’ego aiguisé lui avait grillé le coup de pub en claironnant la nouvelle secrète devant des chefs d’entreprises invités à l’Élysée, Stellantis démentant l’info pour faire sa propre annonce sept jours plus tard… Pendant une semaine, les travailleurs de Mulhouse étaient donc en colère contre ce cirque médiatique au sujet de leur avenir.
Ce milliard de Stellantis, dont 400 millions pour les site de Mulhouse lui-même) doit permettre à ce site de Mulhouse de produire trois nouveaux véhicules électriques et hybrides à partir de 2029, en remplacement des Peugeot 308 et 408. Ils seront fabriqués sur une nouvelle plateforme STLAone qui doit faire baisser les coûts de développement de 20 %, et réduire le temps de conception à 24 mois comme chez les constructeurs chinois.
Actuellement à Mulhouse (4 500 salariés dont la moitié à l’assemblage) il n’y a plus que 2 demi-équipes de production (matin et après-midi) au lieu de 2 équipes et demi il y a deux ans. Dans quelques semaines la production de la DS7 doit s’arrêter (80 postes menacés au Montage, avec un impact direct sur ceux de sous-traitants comme Geodis) et il y a un risque de passage à une seule demi-équipe. En attendant 2029, le site se vide encore actuellement de ses effectifs, avec une moyenne d’âge de plus de 50 ans.
Les trois nouveaux véhicules ont été applaudis par les syndicats maisons. Le site ne va pas fermer comme Stellantis Douvrin en 2026 et produira des voitures alors que le site de Poissy, lui, stoppera sa production définitivement en 2028. Mais à Mulhouse on ne connaît ni les effectifs nécessaires, ni les conditions de fabrication, ni les volumes et durée de production des trois véhicules. À chaque fois, les investissements vont de pair avec la robotisation et des suppressions de postes. En Italie, en avril, la direction a annoncé qu’elle fabriquerait à Stellantis Pomigliano près de Naples en 2028 une petite voiture électrique à 15 000 euros (nouvelle version de la Citroën 2 CV) mais en même temps elle y supprime déjà plus de 300 postes. Avec ou sans nouvelles voitures, pour les travailleurs, il est donc urgent d’organiser la riposte et d’investir dans les luttes.
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