Alors que l’essentiel des abus sexuels et physiques dénoncés dans 250 plaintes différentes par d’anciens élèves du collège-lycée de Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques, est prescrit, le dernier rapport de la commission d’enquête indépendante sur l’établissement d’enseignement catholique estime qu’en fait le nombre de victimes pourrait atteindre… 1 500. Le texte dénonce un « système institutionnel de violences […] bien rodé » qui a perduré durant « des décennies » via des « mécanismes de silenciation » des élèves, « fondés sur la peur, la honte et la domination ». Système qui a largement bénéficié de la complicité de l’Église catholique, de la bienveillance des politiciens locaux, au premier rang desquels François Bayrou, mais aussi du manque dramatique de contrôle des services de l’État. Et Bétharram n’est que la partie visible de l’iceberg d’un système éducatif qui protège plutôt mal les enfants.