C’est mercredi 15 juillet que les députés doivent valider, pour la dernière fois avant son adoption définitive, la loi créant un droit à mourir et légalisant une forme d’assistance au suicide pour certains malades atteints d’une affection grave et incurable. Mais les anti-loi fin de vie, qui se recrutent à droite, à l’extrême droite et dans une partie du clergé, ont jeté leurs dernières forces dans la bataille. Dimanche dernier, une trentaine d’avocats, médecins, professeurs de droit et de philosophie se sont fendus d’une tribune publiée dans Le Journal du dimanche pour dénoncer un « texte (qui) ne peut susciter l’esprit de fête que chez des personnes ayant perdu tout sens de l’humanité, de l’éthique et du sacré ». Parmi les signataires, François-Xavier Bellamy, député européen et vice-président du parti Les Républicains, principale force politique opposée au texte. Toujours chez Les Républicains, Gérard Larcher, le président du Sénat, a annoncé qu’il comptait déposer un recours pour contester la conformité du projet devant le Conseil constitutionnel. Quant au très réactionnaire évêque de Bayonne, Marc Aillet, il a ni plus ni moins proposé dans une interview à La France catholique d’excommunier les parlementaires qui voteraient un texte qui, selon les sondages, est approuvé plus de 80 % des personnes interrogées. Mourir dans la dignité est un droit qui ne doit pas dépendre du bon vouloir de l’Église ou de la droite réactionnaire. Reste maintenant à faire que ce droit soit effectivement appliqué alors même que les services de soins palliatifs sont débordés et les urgences des hôpitaux au bord de l’asphyxie.