Le président gabonais Brice Oligui Nguema vient d’entamer une visite d’État de trois jours au cours de laquelle il s’entretiendra à plusieurs reprises avec Emmanuel Macron. Dans un contexte où l’impérialisme français recule un peu partout en Afrique francophone et se fait tailler des croupières par ses concurrents, le Gabon reste un des rares alliés de la France. Au menu des discussions : le manganèse, dont le pays est un des principaux producteurs mondiaux, et l’avenir de la base militaire Charles-de-Gaulle à Libreville.
Sur le premier point Macron espère que des industriels tricolores seront choisis pour transformer sur place le minerai qui jusqu’alors était exporté à l’état brut. Sur le second il s’agit de sauver les meubles. Cette base n’abrite plus qu’une centaine de soldats, contre 1 200 par le passé, et les autorités gabonaises réclament aujourd’hui qu’elle passe intégralement sous leur contrôle. Et Macron n’a aucun moyen de s’y opposer. Il fera donc contre mauvaise fortune bon cœur. La Françafrique, si elle existe encore, se réduit chaque jour un peu plus comme une peau de chagrin.