Instrumentalisée toute l’année pour condamner le moindre couvre-chef dans les entreprises et s’en prendre aux travailleurs et aux jeunes perçus comme musulmans, la sacro-sainte laïcité n’encombre pas les autorités messines ce 15 août dernier. Ce jour férié en Alsace et en Moselle est l’occasion d’une cérémonie en l’honneur de la « Sainte-Vierge », de vêpres et d’une procession qui se parent des oripeaux nationalistes, « patriotiques » selon le maire de Metz… en présence de délégations catholiques de toute l’Europe ainsi que de l’archevêque-évêque du diocèse de Metz, Philippe Ballot, le même qui a fait entrer le maire dans la confidence de la venue du pape à Metz fin septembre. « Un immense honneur […] en tant qu’homme » selon l’édile, d’accueillir par la bouche du souverain pontife, cette « autorité morale » « au-delà [d’un] chef d’État », un message « universel ». Un honneur chiffré à 500 000 euros d’argent public. L’Église et l’État s’entendent à merveille depuis leur séparation !