Le secteur militaire supprime des emplois. L’affirmation paraît invraisemblable, surtout à Saint-Nazaire, où le gouvernement promet que la construction du porte-avions en créera des milliers. Pourtant, l’avenir des 250 travailleurs d’Arquus est menacé.
Arquus est une entreprise de construction de véhicules militaires. Elle possède un site à Saint-Nazaire, spécialisé dans la maintenance et la réparation, dont le principal client est l’armée française. Mi-mars, les salariés du site nazairien ont appris une baisse d’activité. Parmi les 250 personnes employées, 44 intérimaires ont déjà pris la porte fin avril, le reste pourrait suivre dans les prochains mois, CDI compris. Car sur le marché du travail, l’État et l’armée sont des grands patrons comme les autres : pour eux, les travailleurs sont aujourd’hui de la chair à patron et demain de la chair à canon !
La construction du porte-avions apporterait 15 000 emplois dans la région, mais avec quelles cadences ? Quels salaires ? Quelle surveillance quotidienne ? Quelle exposition aux fumées de soudage et à l’amiante (toujours présente aux Chantiers de l’Atlantique) ? Et en plus, comme le montre Arquus, sans garanties d’emplois ?
Les travailleurs subissent la concurrence acharnée entre capitalistes, et l’État est du côté des marchands de mort licencieurs, avec le soutien des partis politiques qui votent l’augmentation des budgets militaires.
À Saint-Nazaire, le député Matthias Tavel (LFI) a interpellé mercredi 8 avril la ministre des Armées au sujet du site d’Arquus. Il a demandé au gouvernement de soutenir les commandes de maintenance militaire. L’armée y répondra peut-être, mais pour exploiter et préparer la guerre.
Fabriquer des armes n’a jamais protégé face à l’augmentation du chômage et aux dégradations de nos conditions de travail. Pour s’opposer au militarisme, la seule perspective est celle de la solidarité internationaliste, en s’opposant au patronat qui licencie et à l’État qui les soutient !
H. D.