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Bardella : le racisme sans frontière

Alors que Marine Le Pen est dans l’attente de la décision de la cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens, qui sera rendue le 7 juillet et décidera du sort de sa candidature à l’élection présidentielle, Bardella, déjà bien positionné sur ses starting blocks de remplaçant, parcourt l’Europe pour jouer à l’« homme d’État ». Après l’Italie, le Portugal et la Belgique, Bardella a passé deux jours en Pologne les 18 et 19 juin. Visite qui se limite en réalité et pour l’heure à ses amis d’extrême droite.

À Varsovie, c’est avec Krzysztof Bosak, membre de la coalition « Confédération liberté et indépendance » et son acolyte Slamowir Metzen, candidat à l’élection présidentielle pour cette coalition, qui déclarait en 2019, publiquement vouloir « une Pologne sans Juifs, sans homosexuels, sans avortement, sans impôts, ni Union européenne » qu’il aura passé le plus de temps. Cela n’aura pas empêché Bardella, décidément né avant la honte, d’aller déposer une gerbe de fleurs devant le monument aux héros du ghetto de Varsovie…

Le clou du voyage a été d’aller se faire filmer près de la barrière métallique d’environ 180 kilomètres de long, munie de systèmes électroniques de surveillance hyper sophistiqués, construite par l’État polonais le long de sa frontière avec la Biélorussie. Accompagné de gardes portant mitraillettes au poing, celui qui se plait à rêver d’unifier la droite et l’extrême droite à l’échelle européenne, en a profité pour vanter les mérites du contrôle militarisé des frontières de l’Europe face « au déferlement migratoire »… en taclant au passage la politique de la Russie et celle « de son proxy la Biélorussie ». Oublié le temps où le RN désignait l’Union européenne comme l’ennemie principale du « peuple français », vive le temps de « l’Europe forteresse » ! Une occasion supplémentaire pour Bardella de signer la fin du bail des relations privilégiées entretenues entre la Russie de Poutine et le Rassemblement national de Marine Le Pen ; une façon de clore la période d’hégémonie de celle-ci sein de l’appareil dirigeant du parti. Le présidentiable Bardella s’aligne définitivement sur le credo anti-russe de l’impérialisme français, comme tous ses serviteurs zélés.

Marie Darouen