L’Amicale pour le débâchage permanent du Poitou, organisation inconnue jusque-là, a revendiqué avoir saboté deux bassines le 8 mai, l’une dans la Vienne et l’autre dans les Deux-Sèvres. Ils entendent « envoyer un message clair à l’État, aux collectivités et aux entreprises. […] Il n’y aura pas de répit tant que les bassines sont en état de marche ».
Ces bassines sont des retenues d’eau destinées à pallier les risques de sécheresse afin d’alimenter de grosses installations de l’industrie agro-alimentaire : elles sont dénoncées parce qu’il s’agit d’un accaparement de l’eau qui pose des problèmes environnementaux et à de nombreux agriculteurs. La réserve visée dans la Vienne concerne un élevage de poules pondeuses que les propriétaires ont prévu de faire passer de 200 000 têtes à 325 000.
La veille, Julien Le Guet, le porte-parole de Bassines non merci a été condamné par la cour d’appel de Poitiers à six mois de détention à son domicile pour sa participation aux manifestations contre la mégabassine de Sainte-Soline en 2023. Quant à l’enquête sur les exactions des pelotons de gendarmes qui y avaient procédé à des tirs tendus de grenades lacrymogènes, faisant 200 blessés, dont 40 grièvement – deux d’entre eux avaient dû être placés dans le coma –, elle ne semble pas aboutir aussi rapidement…
Thierry Flamand