
Depuis plusieurs mois, aux ateliers SNCF de Quatre-Mares (près de Rouen), la charge de travail en réparation de pièces détachées connaît des fluctuations importantes. Dans certaines équipes, un roulement s’est donc mis en place : pour dix collègues, deux restent à leur poste tandis que les huit autres renforcent d’autres équipes dans lesquelles les tâches ne manquent pas. L’inquiétude plane sur le fait que certains d’entre nous n’aient plus de poste du tout à terme, notamment nos collègues intérimaires… Mais aussi sur le fait de ne pas faire le métier pour lequel on a été embauché et formé.
Si le travail vient à manquer à QM, c’est parce que la SNCF a choisi de développer le technicentre de Tergnier en Picardie, en investissant 100 millions d’euros pour en faire un « centre d’excellence » pour les essieux au niveau national, « un moyen de faire face à la concurrence tout en respectant ses objectifs humains et environnementaux » nous dit-on. Mais c’est surtout une façon de nous mettre en concurrence entre cheminots des différents technicentres, dans la continuité du découpage de la SNCF.
Il faut garder nos emplois à Quatre-Mares sans que les cadences deviennent infernales à Tergnier ! Ce mois-ci, à Tergnier comme à Rouen, les collègues ont su débrayer pour dénoncer les salaires trop bas, la flexibilité, prélude à la disparition d’emplois, et les conditions de travail qui se dégradent pour ceux qui restent. Il faut continuer dans ce sens. Les bénéfices record de la SNCF (1,8 milliard en 2025) montrent que ce n’est pas l’argent qui manque pour embaucher largement et partager le travail entre tous, en diminuant les cadences.
Correspondants