Nos vies valent plus que leurs profits

Extraits de l’intervention de Selma Labib à la fête du NPA-R du Mans

Cette société capitaliste va de crise en crise. Crise économique, pandémies – et on a les yeux sur la République démocratique du Congo, où Ebola fait rage dans l’indifférence générale – guerres impérialistes. Et, bien sûr, la canicule, dernier épisode de la crise climatique. Toutes ces crises sont la conséquence d’une société dirigée par les exploiteurs.

Cette bourgeoisie, dont, en, premier lieu le patronat français bien de chez nous. Les Bolloré, Stérin, Arnaud, Mulliez, Niel, Peugeot et Pigasse, de droite comme de gauche, sont totalement irresponsables – et, pourtant, ils dirigent la société. On vit sous la dictature du capital qui n’a qu’un seul objectif : nous exploiter. Pour tout le reste, leur message c’est : « Démerdez-vous ! »

Nous qui produisons tout, nous sommes libres… de nous démerder avec les moyens du bord. Et cette canicule l’a à nouveau démontré, quelques années à peine après le Covid. À nouveau on a vu le fossé qui sépare les classes sociales, n’en déplaise à ce petit bourgeois de Yann Barthès qui prétend que Bernard Arnault a aussi chaud qu’un facteur dans sa voiture jaune sans la clim. On veut remettre les pendules à l’heure en faisant rentrer des travailleurs et travailleuses de première ligne dans cette campagne présidentielle dominée par des Bardella, Attal ou Retailleau qui n’ont jamais travaillé mais prétendent nous diriger. La classe ouvrière, c’est plus de la moitié de la population mais c’est zéro ouvrier à l’Assemblée.

La classe ouvrière, d’ailleurs, elle n’est pas nouvelle, elle a toujours été mélangée, internationale, féminisée, plus ou moins précarisée. Mais jamais au pouvoir. Eh bien, c’est ça notre programme : les travailleurs et les travailleuses au pouvoir. Oui, avec Gaël, postier en lutte pour sa réintégration depuis dix ans, on va incarner un duo de travailleurs essentiels pour donner un aperçu de la force collective de notre classe qui produit tout et qui doit décider de tout.

Face à la dictature du capital, ceux qui croient qu’on va obtenir quoi que ce soit dans l’isoloir se trompent. Nous n’obtiendrons rien par le vote. Suite à l’interdiction de la Pride à Paris par la préfecture de police hier [26 juin 2026], Mélenchon a tweeté : « Voilà où mènent la casse méthodique de nos services publics et l’impréparation permanente de ce gouvernement. En accord avec le collectif, la marche est reportée : cette décision est aujourd’hui la seule responsable. En 2027, nous pourrons tout changer. »

Mélenchon ne dénonce même pas le fait que les manifestations et les fêtes populaires sont reportées, alors que la production continue. Il ne dénonce pas que les travailleurs et ceux qui se battent sont assignés à résidence dans leur passoire thermique, sauf pour aller se faire exploiter. Et il prétend sans rire que son élection réglerait le problème climatique et de l’adaptation ? À quel moment dans l’histoire les patrons ont plié face à un vote ? Pas en 1981 avec Mitterrand, pas en 1997 avec Jospin et pas en 2012 avec Hollande… Comme disait l’autre : « La folie, c’est de toujours faire la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »

 

 

Vidéo de l’intervention de Selma Labib au Mans : « Nos patrons font de la politique, à nous d’en faire aussi ! »