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Israël sommé de ne pas perturber la diplomatie de Trump, mais mains libres pour les crimes dans son pré carré

La signature, le 17 juin, du protocole d’accord entre Iran et États-Unis a suscité la colère de tout ce qu’Israël compte de faucons. Netanyahou l’a saluée par plus de 150 nouvelles frappes sur le Sud-Liban les 18 et 19 juin. Surenchéri par son ministre de la Sécurité, Ben Gvir, clamant que « tout le Liban doit brûler ».

Si les États-Unis ont jusque-là soutenu toutes les opérations militaires israéliennes au Liban, si Trump a personnellement encouragé les projets de Netanyahou d’annexer Jérusalem et coloniser toute la Cisjordanie, approuvé sa guerre à Gaza, il ne faudrait pas que les ambitions du protégé ne perturbent les calculs régionaux de la grande puissance. Netanyahou a pour l’instant dû s’y plier. Le cinquième round de négociations à Washington entre Israël et le gouvernement libanais s’est ouvert mardi 23 juin dans le cadre d’un nouveau cessez-le feu sur lequel est censée veiller une cellule de gestion du conflit mise en place par l’accord États-Unis-Iran.

Mais qu’en est-il du sort du peuple libanais ? Les plus d’un million de déplacés qui ont dû fuir le Sud-Liban, et dont quelques-uns ont repris la route dès l’annonce de l’accord, ne retrouveront chez eux qu’un tas de ruine. Si tant est qu’Israël, qui proclame sa volonté de conserver sa « zone de sécurité » – un sixième du territoire libanais qu’occupe aujourd’hui son armée –, les laisse revenir.

Et dans ce qui est considéré par les grandes puissances comme son pré carré (Gaza, Cisjordanie), c’est mains libres pour Israël. Une enquête effectuée sous l’égide de l’ONU et récemment publiée souligne qu’à Gaza, depuis « le cessez-le-feu d’octobre 2025, des enfants continuent d’être tués et gravement blessés, Israël continuant à faire fi du cessez-le-feu et de la protection que le droit international impose d’accorder aux enfants palestiniens ».

Olivier Belin