Les gloses de Mélenchon, plus que douteuses, lors d’un meeting le 26 février à Lyon, jouant sur la prononciation du nom du pédocriminel Epstein, ont déclenché – de la gauche socialiste à l’extrême droite en passant par le gouvernement – une nouvelle salve d’invectives et menaces contre le prétendu antisémitisme de gauche. Sont visés, non seulement la FI, mais tous ceux – dont nous sommes – qui militent non seulement contre l’antisémitisme, mais contre la politique génocidaire de l’État d’Israël, contre sa guerre contre les populations palestiniennes mais aussi libanaises et aujourd’hui iraniennes. Et c’est le grand mensonge éhonté mais que le gouvernement veut ériger en lois consistant à présenter l’antisionisme – à savoir la dénonciation d’une politique ségrégationniste, celle de Netanyahou et de ses prédécesseurs – comme du racisme, en l’occurrence de l’antisémitisme.
Le gouvernement, en tête de gondole
C’est la ministre Aurore Bergé qui monte au créneau en soutenant un arsenal de lois. Celle qui est passée le 31 juillet 2025, prétendument de lutte contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur, en réalité criminalise les manifestations de soutien à Gaza (territoire détruit, où l’armée israélienne a fait près de 100 000 morts) ; une loi Yadan en préparation, du nom de la députée Renaissance qui la propose, « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». Le 25 janvier dernier, Le Monde publiait une tribune d’universitaires internationaux dénonçant la façon dont ce projet « confond volontairement antisionisme et antisémitisme ».
Le RN aboie plus fort aussi !
Le Pen père, fondateur du Front national, était considéré à une époque comme le diable en France, entre autres du fait d’un antisémitisme décomplexé, lui faisant dire que les chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale étaient « un détail de l’histoire ». Depuis quelques années, avec Le Pen fille et Bardella, c’est la dédiabolisation et on les fait passer pour les champions de la lutte contre l’antisémitisme. Mais comment faire oublier les racines et bourgeonnements antisémites de l’extrême droite en France ? Faire oublier les mânes d’ancêtres comme Maurras et bien d’autres idéologues racistes, de Pétain et ses lois antisémites ? Faire oublier la proximité avec des groupes de nazillons qui jusqu’à aujourd’hui offrent leurs services d’ordre ? Dans sa quête de respectabilité pour se hisser au pouvoir, le FN-RN (et les nouveaux surgeons de Reconquête), ont seulement troqué leur antisémitisme atavique contre le racisme anti-arabe ou anti-musulman qui leur colle aussi à la peau – né des épopées colonisatrices de l’impérialisme français dont ils ont endossé l’héritage.
Non à la « préférence nationale », source de tous les racismes
L’antisémitisme n’est pas résiduel en France. A la fin décembre 2025, le ministère de l’Intérieur indiquait que 1 163 actes antisémites avaient été commis entre janvier et octobre, soit 15 % de moins que pour la même période de 2024, mais n’effaçant pas la recrudescence de 280 % de plus par rapport à 2022. L’antisémitisme est une gangrène raciste à combattre, comme le racisme anti-arabe ou anti-migrants d’Afrique, un racisme d’État contre des travailleurs que le gouvernement (encouragé par la droite et l’extrême droite internationales) prive de papiers et de droits, traque et expulse ! Au nom de la « préférence nationale » qui est leur drapeau raciste à tous !
Michelle Verdier