Nos vies valent plus que leurs profits

Lecornu : une politique de soutien inconditionnel aux profits de guerre de Total

Le 29 avril, Total a annoncé 5 milliards d’euros de bénéfices trimestriels. Le géant pétrolier surfe sur la flambée des prix, dans le contexte de la guerre en Iran et du blocage du détroit d’Ormuz. Sur un an, les profits bondissent de 51 %, et les actionnaires ont immédiatement profité de cette manne avec une hausse des dividendes de 5,9 %.

Le même jour, au Sénat, le Premier ministre Lecornu est entré en scène. Petit frisson d’audace : « S’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution », via un plafonnement plus « généreux » des prix à la pompe (actuellement limités par Total, par exemple à 1,99 euro par litre d’essence sans plomb et autour de 2,07 pour le gasoil). Mais il s’est aussitôt empressé de rassurer : surtout pas de « Total bashing » !

Car Lecornu se contente de mendier un petit geste commercial. Toucher aux profits, en revanche, il n’en est pas question. Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a d’ailleurs mis en garde : en cas de taxation des « superprofits » du groupe, il fera sauter le plafonnement consenti jusque-là : « [Total] redistribue déjà » grâce au plafonnement des prix. Une prétendue générosité qui mérite sans doute une médaille et quelques courbettes supplémentaires de Lecornu !

Si l’État décidait de taxer davantage Total, ce ne nous arracherait pas des larmes ! Mais la véritable solution serait l’augmentation immédiate des salaires. Et pourquoi pas leur indexation sur les prix du pétrole, quand ils sont à la hausse ?

Martin Eraud