Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Un responsable de Médecins sans frontières a lancé un appel à la communauté internationale pour la réception de milliers de Gazaouis nécessitant une évacuation sanitaire urgente, avertissant que des centaines de personnes étaient déjà décédées faute d’évacuation. « Les besoins sont immenses », a souligné mardi Hani Isleem, coordinateur des évacuations médicales pour l’organisation humanitaire. Selon lui, le nombre de personnes prises en charge par des pays tiers jusqu’à présent ne représente qu’une goutte d’eau. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 8 000 patients ont été évacués de la bande de Gaza depuis le début du conflit le 7 octobre 2023. Mais plus du double, soit plus de 16 500 patients, attendent encore d’être évacués pour être soignés. Haani Isleem a indiqué que ces chiffres ne prenaient en compte que les patients officiellement inscrits, et que le nombre réel de patients en attente était beaucoup plus élevé. « Nous estimons qu’il est trois à quatre fois supérieur », a-t-il ajouté. Jusqu’à présent, seuls l’Égypte et les Émirats arabes unis ont réceptionné des malades et des blessés en grand nombre. En Europe, l’Italie a accueilli en tout et pour tout 200 patients et la France et l’Allemagne… aucun. C’est à ce genre de détail que l’on reconnaît les véritables humanistes.

Des vidéos filmées dans le nord du territoire montrent des soldats israéliens tirer sur deux Palestiniens qui avaient pourtant les bras levés et étaient sur le point de se rendre. La scène a été filmée sous plusieurs angles, notamment par un journaliste de l’Agence France-Presse. L’armée israélienne a « ouvert une enquête » mais le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, a tenu à apporter son « soutien total aux garde-frontières et aux soldats de l’armée qui ont ouvert le feu sur des terroristes recherchés sortis d’un bâtiment à Jénine ». De son côté, B’Tselem, organisation israélienne de défense des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, a souligné que « l’exécution documentée aujourd’hui est le résultat d’un processus accéléré de déshumanisation des Palestiniens et de l’abandon total de leurs droits par le régime israélien ». Et d’ajouter : « Il est du devoir de la communauté internationale de mettre fin à l’impunité d’Israël et de traduire en justice les responsables de la planification et de l’exécution de sa politique criminelle contre le peuple palestinien. » Un vœu pieu car les grandes puissances soit soutiennent la politique génocidaire d’Israël, soit ferment les yeux sur ses crimes.

Selon une nouvelle étude que vient de publier l’une des principales institutions scientifiques allemandes, l’institut Max-Planck de recherche démographique, au moins 100 000 Palestiniens auraient été tués par Israël dans la bande de Gaza. Un total bien plus élevé que celui avancé par le ministère palestinien de la Santé, qui s’approche des 70 000 morts. Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs du centre se sont notamment appuyés sur les données du ministère de la Santé de Gaza, du Centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés (B’Tselem), du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, du Groupe inter-institutions de l’ONU pour l’estimation de la mortalité infantile et du Bureau central palestinien des statistiques. De plus l’espérance de vie dans l’enclave ravagée a chuté de 44 % en 2023 et de 47 % en 2024. Et le génocide continue…

Alors que des colons israéliens perpétuaient de nouvelles attaques en Cisjordanie, cette fois contre le village palestinien de Jaaba, près de Bethléem, Netanyahou a promis d’agir contre les violences de ces « extrémistes ». Défense de rire. Alors que le gouvernement israélien n’a cessé d’encourager l’implantation de nouvelles colonies juives, qu’il a fait expulser par la force de leurs terres des dizaines de milliers de Palestiniens, qu’il a encouragé la destruction de villages et de fermes, le saccage des récoltes et l’abattage du bétail, il veut faire croire que toutes ces violences ne seraient dues qu’à quelques « extrémistes ». Mais, pour éviter toute confusion, le ministre de la Défense, Israël Katz, a aussitôt déclaré que le maintien de l’ordre public n’empêcherait pas Israël de « développer et d’agrandir les colonies ». Une des premières décisions prise par Katz après sa nomination, en novembre 2024, avait été de supprimer la détention administrative, équivalent d’une garde à vue quasi illimitée, pour les colons juifs en Cisjordanie. Mais le dispositif reste en vigueur en revanche pour les Palestiniens. Vous avez dit apartheid ?