Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Selon une nouvelle étude que vient de publier l’une des principales institutions scientifiques allemandes, l’institut Max-Planck de recherche démographique, au moins 100 000 Palestiniens auraient été tués par Israël dans la bande de Gaza. Un total bien plus élevé que celui avancé par le ministère palestinien de la Santé, qui s’approche des 70 000 morts. Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs du centre se sont notamment appuyés sur les données du ministère de la Santé de Gaza, du Centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés (B’Tselem), du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, du Groupe inter-institutions de l’ONU pour l’estimation de la mortalité infantile et du Bureau central palestinien des statistiques. De plus l’espérance de vie dans l’enclave ravagée a chuté de 44 % en 2023 et de 47 % en 2024. Et le génocide continue…

Alors que des colons israéliens perpétuaient de nouvelles attaques en Cisjordanie, cette fois contre le village palestinien de Jaaba, près de Bethléem, Netanyahou a promis d’agir contre les violences de ces « extrémistes ». Défense de rire. Alors que le gouvernement israélien n’a cessé d’encourager l’implantation de nouvelles colonies juives, qu’il a fait expulser par la force de leurs terres des dizaines de milliers de Palestiniens, qu’il a encouragé la destruction de villages et de fermes, le saccage des récoltes et l’abattage du bétail, il veut faire croire que toutes ces violences ne seraient dues qu’à quelques « extrémistes ». Mais, pour éviter toute confusion, le ministre de la Défense, Israël Katz, a aussitôt déclaré que le maintien de l’ordre public n’empêcherait pas Israël de « développer et d’agrandir les colonies ». Une des premières décisions prise par Katz après sa nomination, en novembre 2024, avait été de supprimer la détention administrative, équivalent d’une garde à vue quasi illimitée, pour les colons juifs en Cisjordanie. Mais le dispositif reste en vigueur en revanche pour les Palestiniens. Vous avez dit apartheid ?

À l’occasion de la réception à l’Élysée du président palestinien Mahmoud Abbas, Macron a réaffirmé que les projets d’annexion « partielle ou totale » de la Cisjordanie y compris « de facto » par la colonisation israélienne, « constituent une ligne rouge à laquelle nous réagirons fortement avec nos partenaires européens s’ils sont mis en œuvre ». Pas de quoi inquiéter Netanyahou qui poursuit depuis des années, manu militari, l’expulsion des Palestiniens de leur terre sans que « nos partenaires européens » aient fait quoi que ce soit pour le contrer. Car l’Union européenne, premier partenaire commercial de l’État sioniste, n’a jamais voulu prendre la moindre sanction significative à son égard. Et à l’évidence les choses vont continuer.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a signalé un nombre record d’attaques perpétrées par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie. En octobre 2025, 264 attaques ont été recensées, ce qui constitue le bilan mensuel le plus élevé depuis deux décennies. L’an dernier, 1 860 incidents de violence avaient été dénombrés, soit une moyenne de quatre par jour. Ces attaques ont causé plus d’un millier de morts, près de 10 000 blessés et d’importants dégâts matériels, notamment des destructions de maisons, de bâtiments agricoles, de puits, de saccages de récoltes, etc. Les auteurs de ces méfaits ne sont généralement pas inquiétés et souvent l’armée leur prête main-forte. Ces violences se veulent le prélude à l’annexion pure et simple de ce territoire palestinien par l’État sioniste que Netanyahou défend ouvertement dans le silence complice des États du reste du monde.

À l’incitation du président Recep Tayyip Erdoğan, le parquet général d’Istanbul a lancé des mandats d’arrêt contre 37 dirigeants israéliens dont Benyamin Netanyahou, les ministres Israël Katz et Itamar Ben-Gvir, le chef d’état-major, Eyal Zamir, etc. Ils sont accusés de « génocide et de crimes contre l’humanité perpétrés de manière systématique par l’État israélien à Gaza ». Mais l’action et l’indignation de la justice turque paraîtraient plus crédibles et dignes de considération si, depuis des années, les magistrats turcs n’avaient pas laissé les mains libres à Erdoğan pour commettre des exactions sans nombre contre le peuple kurde (40 000 morts), qui représente 20 % de la population de son pays. En outre le système judiciaire est depuis longtemps utilisé par Erdoğan pour réduire au silence ses rivaux politiques, poursuivre et emprisonner des journalistes, des juges et des maires, comme celui d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, en prison depuis mars. En outre il a destitué nombre de maires kurdes pour les remplacer par des administrateurs à sa solde. Dans un communiqué, le Hamas a salué la décision du parquet général stambouliote. C’est bien le seul…