Nos vies valent plus que leurs profits

Régularisations de sans-papiers : entre besoins du patronat et démagogie raciste

Le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez a annoncé son intention de régulariser 500 000 travailleurs sans-papiers en Espagne. Aussitôt, en France, le chef des Républicains, Bruno Retailleau, candidat à l’élection présidentielle et ancien ministre de l’Intérieur, s’est étranglé d’indignation en disant qu’il fallait mettre l’Espagne « au ban des nations européennes ». Rien que ça ! Il s’était moins ému quand Giorgia Meloni et son gouvernement d’extrême droite avaient engagé la même politique de régularisation l’année dernière.

Aussi bien en Italie qu’en Espagne, il s’agit de satisfaire les besoins du patronat, ainsi assuré de disposer de travailleurs et travailleuses moins susceptibles d’être arrêtés et expulsés du jour au lendemain, mais toujours précaires, puisque leur permis de séjour dépend de leur attestation d’emploi… Ces régularisations n’empêchent d’ailleurs pas ces gouvernements de poursuivre dans leur politique anti-migrants. Le gouvernement Sánchez avait ainsi appelé, il y a quatre ans, l’armée pour repousser des migrants marocains, au prix d’une trentaine de morts. L’État italien, de son côté a signé des accords avec l’Albanie pour y expédier les réfugiés dans de véritables camps de concentration.

Nos exigences demeurent : droits égaux et liberté d’installation pour tous et toutes !

Michel Grandry