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Royaume-Uni : péripéties politiciennes et pression de l’extrême droite

Keir Starmer, le Premier ministre du Royaume-Uni, a annoncé sa démission lors d’une prise de parole lundi 22 juin devant sa résidence officielle du 10 Downing Street, à Londres. Elle était annoncée depuis de longues semaines par les médias et les observateurs politiques. Il cède sous la pression d’un quart de ses députés craignant pour leur réélection, conséquence d’une déroute historique aux élections locales du 7 mai, où le Parti travailliste a perdu 1 000 sièges de conseillers municipaux.

Son gouvernement est en effet en chute libre dans l’électorat ouvrier et populaire en raison de sa politique d’austérité à l’égard des classes laborieuses. Dès son arrivée au pouvoir en juillet 2024, il avait annoncé des coupes dans les chèques énergie versés à 10 millions de retraités pour les aider à se chauffer l’hiver, provoquant un effondrement de sa cote de popularité. Il a également effectué des coupes dans les allocations pour personnes handicapées et les malades de longue durée. Parallèlement, il n’a tenu aucune de ses promesses de campagne, pas plus sur la construction de logements que sur l’amélioration du système de santé. Quant aux salaires, ils se traînent péniblement derrière une inflation qui les a en partie érodés.

Au plan politique, il subit, et accompagne, la pression du parti d’extrême droite Reform UK, qui a le vent en poupe et est crédité suivant les élections et les sondages d’entre 25 et 40 % des voix. Comme bien d’autres gouvernements, en France par exemple, il reprend à son compte la rhétorique raciste et anti-immigrés et applique lui-même la politique de l’extrême droite. Parmi d’autres mesures, il a annoncé vouloir diminuer la durée des autorisations de séjour de cinq ans à trente mois. Le délai nécessaire pour devenir résident permanent va passer de cinq à vingt ans. Par ailleurs, les demandeurs d’asile n’auront plus automatiquement droit aux aides sociales. Il a interdit Palestine Action, classant cette association pro palestinienne britannique comme terroriste au même titre que le Hamas et en a profité pour arrêter des centaines personnes affirmant leur soutien au peuple palestinien.

Son successeur sera probablement le maire travailliste du Grand Manchester, Andy Burnham, qui vient d’être élu député lors d’une élection partielle qu’il avait provoquée à dessein dans une circonscription du nord de l’Angleterre. Mais si Burnham va tenter de redorer le blason du Labour Party d’ici les prochaines élections, il est certain que sa politique au pouvoir sera aussi dure à l’égard de l’électorat populaire que celle de son prédécesseur et aussi complaisante à l’égard des élucubrations racistes de l’extrême droite. Sauf si surgit une réaction d’ampleur de la classe ouvrière.

Michel Grandry