Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La plupart des grandes banques viennent de publier leurs résultats pour le premier trimestre 2026. Et ils sont faramineux. BNP Paribas a enregistré le bénéfice le plus élevé de son histoire avec 3,22 milliards d’euros en trois mois, soit une progression de 9 % par rapport à la même période de l’an dernier. Celui de la Société générale progresse de 5,5 % alors que le Crédit agricole affiche un bénéfice net de 1,68 milliards d’euros. Déjà, l’an dernier, les cinq plus grands groupes côtés en bourse ou coopératifs avaient battu des records en réalisant 35 milliards d’euros nets cumulés. Comment expliquer ces résultats ? D’une part par l’augmentation des frais bancaires payés par les particuliers qui, avec une hausse de 2,7 % ont connu une hausse trois fos supérieure à celle de l’inflation. D’autre part en réalisant des « plans d’économies » qui ont consisté à fermer les agences les moins rentables, en supprimant nombre de distributeurs de billets et en taillant dans les effectifs. Les licenciements des uns assurent les sur-profits des autres.

Après Malakoff, Ivry, Mauléon-Licharre, Gentilly et bien d’autres communes c’est celle de Vaulx-en-Velin, dans la région lyonnaise, qui s’est vue intimer l’ordre par la justice administrative de retirer le drapeau palestinien du fronton de la mairie. Le juge avait été saisi par le préfet du Rhône qui invoquait une « grave atteinte » à la neutralité du service public. Le maire de la ville, l’insoumis Abdelkader Lahmar, a aussitôt rétorqué que face à l’urgence de dénoncer le génocide commis à Gaza, il n’était « pas question de décrocher le drapeau dans l’immédiat. Cela va faire l’objet de discussions au sein de la majorité et en conseil municipal dans l’attente du jugement au fond ». En attendant la drapeau continue de flotter sur l’édifice communal.

Alors qu’entre le 2 mars et le 29 juin 2026, au moins 4 257 personnes ont été massacrées, dont plus de 250 enfants et plus d’un million déplacées de force dans tout le pays par l’armée israélienne, Amnesty International a enquêté sur trois frappes mortelles qui se sont déroulées dans le sud du pays les 6, 12 et 13 mars 2026 et au cours desquelles 24 personnes ont perdu la vie, dont 12 enfants. Et les conclusions des enquêteurs sont formelles : aucune distinction n’a été opérée entre des cibles civiles et militaires, aucune précaution n’a été prise pour réduire les impacts sur les populations civiles et aucun objectif militaire ne se trouvait dans les parages. C’est pourquoi ils demandent l’ouverture d’enquête pour crimes de guerre. Plusieurs commissions de l’ONU ont abouti à des conclusions semblables. Mais, protégé activement par les États-Unis et passivement par la plupart des pays occidentaux, Israël n’a pas grand-chose à craindre et peut continuer ses massacres en toute impunité.

Condamnée par la cour d’appel de Paris après avoir été de nouveau reconnue coupable de détournement de fonds publics, Marine Le Pen a décidé de se pourvoir en cassation et de maintenir sa candidature à l’élection présidentielle. L’occasion de rappeler qu’avant les démêlés judiciaires de sa tête d’affiche, l’extrême droite plaidait pour une fermeté exemplaire concernant les responsables politiques condamnés par la justice. Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front national, avait même fait de sa devise « tête haute, mains propres », un slogan de campagne. En 2013, alors que le ministre socialiste Jérôme Cahuzac provoquait un scandale en reconnaissant posséder un compte en banque caché en Suisse, celle qui était alors présidente du FN soutenait le principe d’une inéligibilité à vie pour les élus reconnus coupables, notamment de fraude fiscale, de corruption, de favoritisme, d’emplois fictifs et de détournement de fonds publics. Elle coche aujourd’hui presque toutes les cases. Sa nouvelle devise : « tête basse, mains sales ».

Avec le soutien du gouvernement, d’une très large majorité des députés du centre et de la droite (Renaissance, Modem, Horizons, LR), et du Rassemblement national, l’Assemblée nationale a finalement adopté la loi qui prévoit que les policiers et les gendarmes sont désormais présumés avoir agi dans le cadre légal et en état de légitime défense lorsqu’ils feront usage de leur arme à feu. Ce qui risque d’augmenter le nombre de morts et de blessés par les forces de l’ordre dont la France détient déjà le triste record en Europe. Avant le vote plusieurs organisations de défense des droits et libertés (Amnesty International France, Ligue des droits de l’homme, Syndicat de la magistrature…) avaient alerté sur la dangerosité de ce texte et, sur le site de l’Assemblée, une pétition s’y opposant avait rassemblé plus 300 000 signatures. Et dans les tribunes de l’hémicycle des membres des collectifs de victimes de violences policières criaient : « Pas de justice, pas de paix. » Cette mesure était, depuis longtemps, une revendication phare de l’extrême droite introduite dans le débat public par le Front national et déjà inscrite dans le programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen en 2007.

Emmanuel Macron a proposé de nommer au poste de Défenseur des droits le sénateur et ancien ministre François-Noël Buffet (Les Républicains) pour remplacer Claire Hédon dont le mandat de six ans non renouvelable vient à expiration ce mois-ci. À la tête de cette autorité administrative indépendante, créée en 2011 et inscrite dans la Constitution, Hédon s’était fait connaître pour sa défense rigoureuse du respect des libertés et des droits des citoyennes et des citoyens, n’hésitant jamais à s’en prendre à l’administration, à la justice, à la police et à d’autres pour les faire respecter. Exactement à l’opposé de son successeur potentiel. Buffet est en effet connu pour ses positions ultra-réactionnaires dans de nombreux domaines. Dans le passé, le sénateur avait participé aux manifestations contre le mariage pour tous en 2013, et signé la charte de la Manif pour tous, voté contre l’extension de la procréation médicalement assistée, s’était opposé à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse et voté en faveur de la diminution de l’aide médicale d’État pour les sans-papiers. Sûr que s’il est nommé, il sera un farouche défenseur des droits des machistes, sexistes, homophobes et anti-migrants !

C’est à l’issue de la réunion du comité d’alerte des finances publiques, qui réunit notamment les groupes parlementaires et les représentants syndicaux et patronaux, que le gouvernement a annoncé qu’il allait réaliser 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires. Un milliard sera pris sur les dépenses de santé et les deux autres dans les budgets des différents ministères. Et ce n’est pas fini. Selon Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT qui participait à la réunion, 2 milliards d’euros d’économies supplémentaires pourraient être dans un second temps supportés par les collectivités territoriales, par une limitation contrainte de leurs dépenses. « Des compétences sont transférées aux collectivités, sans que les ressources ne suivent », explique-t-il. « Les services publics de proximité en pâtiront nécessairement. » Pendant ce temps, les dépenses militaires continuent de s’envoler.

La Défenseure des droits, Claire Hédon, vient de rendre publique une décision dans laquelle elle dénonce une « logique de confrontation » des autorités qui a conduit à « un lourd bilan humain » et pointe des « manquements déontologiques » de la part des gendarmes, notamment des « tirs tendus » et des propos « orduriers » à l’encontre de celles et ceux qui, le 25 mars 2023, manifestaient contre les mégabassines. Elle taille en pièces les conclusions de l’inspection générale de la gendarmerie nationale qui avait justifié l’action des forces de l’ordre et blanchi les responsables. La Défenseure des droits s’était auto-saisie dès le lendemain de la manifestation sur le cas de deux manifestants grièvement blessés, et dont le pronostic vital était engagé, puis 75 personnes, blessées ou témoins, l’avaient saisi durant l’été 2023. Elle indique interpeller le ministère de l’Intérieur pour demander des sanctions disciplinaires à l’encontre d’une vingtaine de gendarmes identifiés dans son enquête. Mais il est peu probable que ledit ministre, Laurent Nuñez, qui les a couverts jusqu’à maintenant, change son fusil d’épaule.

La sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla a très mal pris la défaite de son pays face à l’équipe de France en huitième de finale. Elle s’en est prise au capitaine des Bleus, Kylian Mbappé, en proférant à son encontre des insultes racistes. Elle a notamment écrit : « Cet abruti n’a même pas appris à écrire. Au lieu de téter le lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus instruits qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés » puis d’enfoncer le clou le qualifiant de « Camerounais issu de la colonisation, s’efforçant désespérément de passer pour un Français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid ». Des propos orduriers qui ont été unanimement condamnés. N’empêche qu’Amarilla ne fait que dire tout haut ce que pensent, ici et ailleurs, nombre de racistes d’extrême droite.