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Brèves

L’actualité en bref

En 2022, le monde entier se levait pour critiquer la tenue de la Coupe du monde au Qatar, mettant en avant le mépris des droits des travailleurs, surtout immigrés, sur les chantiers du tournoi. Un boycott avait été proposé, agrémenté de reportages en bataille sur les droits humains, notamment des femmes, bafoués par l’émirat qatari, sur les chantiers monstres où des travailleurs mourraient chaque jour. Aujourd’hui, la Coupe du monde ne suscite pas de scandales. Pourtant, le gouvernement américain somme les joueurs iraniens de partir dans un centre d’entrainement au Mexique dès leur match terminé, il a refoulé à la frontière l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, considéré comme le meilleur arbitre d’Afrique, mais surtout pour Trump, comme un allié de terroristes islamistes. Un joueur irakien a été interrogé pendant plus de sept heures à l’arrivée aux États-Unis. Les exemples ne manquent pas. Mais qu’attendre d’autre d’un gouvernement soutien du génocide à Gaza et responsable des milliers de morts dus à la guerre contre l’Iran, d’un pays qui compte des camps d’internement pour immigrés, quand ils ne sont pas purement et simplement tués par l’ICE ? Récemment, la clique de Trump s’est aussi illustrée dans le sexisme, la misogynie et la transphobie, en s’attaquant au droit à l’avortement et à la transition de genre. Cette soudaine cécité face à un gouvernement criminel fait écho à la lucidité des mêmes reproches faits au Qatar. Une hypocrisie qui caractérise les puissances impérialistes : ils peuvent bien commettre les pires horreurs, ils sont toujours les premiers à parader sur leur morale et leur probité.

La très peu connue ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a tenu une conférence de presse pour tenter de défendre le bilan environnemental du gouvernement, notamment en matière de lutte contre le réchauffement climatique alors qu’une nouvelle vague de chaleur s’est abattue sur le pays. Exercice périlleux du fait que ces derniers mois les déjà bien modestes ambitions de l’exécutif en matière de climat ont été revues à la baisse. Terminés les objectifs sur la rénovation thermique des bâtiments par exemple ou l’idée de faire de la planification écologique la pierre angulaire du second quinquennat. Mieux, le gouvernement n’a cessé de reculer, que ce soit en favorisant à nouveau le retour de certains pesticides en agriculture ou en assouplissant, à la demande des industriels et de l’agrobusiness, certaines dispositions du droit de l’environnement. Dernier mauvais coup, la suppression ou le gel dans le budget de 275 millions d’euros de crédit dédiés à la transition climatique. La feuille de vigne écolo dont se pare Macron est de plus en plus bouffée aux mites.

Le Parlement a définitivement adopté une loi prévoyant une réparation pour les « Réunionnais de la Creuse », plus de quarante ans après leur transfert forcé vers la métropole. Entre 1962 et 1984, plus de 2 150 enfants de la Réunion ont été déportés. Mettant en œuvre une politique empreinte de racisme et de colonialisme, Paris estimait qu’une telle déportation avait deux avantages : répondre à la croissance démographique de l’île, jugée trop importante, tout en remédiant partiellement au dépeuplement de certains départements métropolitains, notamment la Creuse. Cette politique a été responsable de traumatismes profonds et durables, les autorités coupant tout lien entre ces enfants et leur famille. Pendant des décennies, ils ont cherché à comprendre pourquoi ils avaient été arrachés à leurs parents, déplacés à des milliers de kilomètres de leur île natale, voire privés d’une partie de leur identité. Encore aujourd’hui, des familles continuent de rechercher des proches ou de reconstituer leur histoire. La loi prévoit la création d’une commission chargée du travail de mémoire, l’instauration d’une journée nationale d’hommage le 18 février et l’ouverture d’un droit à réparation sous la forme d’une allocation versée par l’État. Mais tout cela n’effacera pas que nombre de ces enfants ont eu leur vie définitivement piétinée.

Dans un rapport de 68 pages intitulé Payer le prix du harcèlement policier. Des amendes discriminatoires visant les jeunes Noirs et Arabes en France, trois associations (Human Rights Watch, (RE)CLAIM, la Maison communautaire pour un développement solidaire) critiquent une pratique policière en pleine expansion : l’usage répété de contraventions visant des adolescents et jeunes adultes des quartiers populaires. Le texte documente les expériences vécues par ces jeunes qui se voient verbaliser de manière abusive pour punir des incivilités, réelles, supposées ou inventées de toutes pièces (tapage, dépôt de déchets, etc.). La police leur inflige des amendes forfaitaires comme nouvel outil de profilage racial. Ces amendes sont émises sur la base d’observations subjectives des agents de police, sans contrôle judiciaire, et les personnes verbalisées ne bénéficient d’aucune garantie fondamentale à un procès équitable. Comme l’a déclaré Omer Mas Capitolin, un des rédacteurs de ce texte : « Ces amendes abusives relèvent d’une industrialisation du harcèlement discriminatoire destinée à chasser les enfants et les jeunes de l’espace public. » À part ça la police n’est pas raciste…

De 150 à 200 personnes ont manifesté devant le Parlement européen, à Strasbourg, avec des pancartes proclamant « Pas de brevets sur les semences », « OGM, c’est toujours non »… à la veille d’un vote autorisant en agriculture des graines issues de nouvelles techniques génomiques (NTG). Ces nouvelles semences NTG sont toutes aussi génétiquement modifiées que les OGM mais avec une technique différente : la manipulation s’effectue cette fois sans introduction de gène extérieur dans le génome mais en triturant ce dernier. Elles échappent donc à la législation en vigueur sur les OGM et sont brevetées par les grands groupes de l’agrobusiness qui, à terme, espèrent obliger l’immense majorité des paysans à utiliser leurs semences. S’ils parviennent à leurs fins, c’est la mort presque assurée de l’agriculture biologique.

Alors que le meurtre de Lyhanna a suscité une indignation et une émotion nationale, Macron, Lecornu et autre Darmanin ont tenté de nier toute responsabilité en rejetant la faute sur les dysfonctionnements de la magistrature et des forces de l’ordre. Pourtant, il y a déjà deux ans et de demi, un rapport de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), rédigé à la demande des autorités, énonçait 82 recommandations dont 17 mesures identifiées comme prioritaires pour mieux protéger la jeunesse des violences sexuelles. Sur ce nombre, seules trois d’entre elles ont été mises en pratique, les autres superbement négligées par les gouvernements successifs. C’est l’amer constat d’un rapport sur le sujet remis ces jours-ci aux ministres de la Justice et de la Santé… qui se sont bien gardés de l’ébruiter vu que leur responsabilité est directement mise en cause.

Le NPA-Révolutionnaires présente à l’élection présidentielle de 2027 Selma Labib, 30 ans, conductrice de bus, en binôme avec Gaël Quirante, 50 ans, postier en lutte pour sa réintégration et syndicaliste.

Sans attendre 2027, les militants du NPA-Révolutionnaires sont parmi et aux côtés des travailleurs en colère et en lutte pour leurs salaires, leurs conditions de travail, leurs emplois. Au quotidien, ils militent pour les aider à s’organiser, à s’unir et converger contre l’exploitation capitaliste, dans un mouvement d’ensemble. Sans attendre 2027, ni rien en attendre, ils défendent un programme de lutte et des perspectives communistes et internationalistes. Ceux qui travaillent et produisent toutes les richesses doivent se mobiliser sur le terrain revendicatif et politique pour en finir avec le système capitaliste et son exploitation forcenée du travail humain, et avec les oppressions en tout genre qu’il charrie, les outrages à la nature qu’il commet et les guerres qu’il intensifie.

Le décret est paru au Journal officiel samedi dernier, 13 juin. À partir du 1er septembre 2026, la durée des arrêts de travail sera limitée à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation, sauf exception en raison de l’état de santé du patient. La mesure s’applique aux différents professionnels de santé amenés à prescrire des arrêts de travail (médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes…). Un autre décret, paru le même jour, fixe à quatre ans la durée maximale de versement des indemnités journalières dans le cadre d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle à partir de 2027. Comme l’a rappelé le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, il s’agit avant tout de faire des économies. D’où la décision de considérer peu ou prou les salariés en arrêt de travail comme des tire-au-flanc ou des resquilleurs potentiels qu’il faut remettre au pas. Quant à améliorer les conditions de travail dans les entreprises, sur les chantiers ou dans l’administration pour réduire le nombre d’arrêts maladie, le gouvernement n’y a pas pensé.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, s’est décerné un satisfecit sur France Inter en affirmant que l’Éducation nationale n’avait rien à voir avec le drame de la petite Lyhanna et que sa politique de collaboration avec la justice était à la hauteur des enjeux. Il a indiqué qu’au total 80 000 signalements avaient été effectués auprès de l’autorité judiciaire, dont 255 depuis le début de 2026. Une affirmation qui a laissé de marbre les syndicats d’enseignants qui, depuis des années, soulignent un dispositif de signalement insuffisant, des agents en manque de formation et le nombre insuffisant de psychologues et d’infirmières. Une réalité dont Geffray, à l’évidence, ne veut pas entendre parler.