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Brèves

L’actualité en bref

Le gouvernement envisage la création d’une allocation de solidarité unifiée (AST) qui regrouperait le revenu de solidarité active (RSA), la prime d’activité et l’aide personnalisée au logement (APL), le tout dans un but de simplification et d’économie. Le projet a déjà suscité une levée de boucliers parmi les organisations syndicales mais aussi au Conseil national de l’abitat, qui regroupe les sociétés d’HLM, et au collectif Alerte, formé d’associations de lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui c’est au tour du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) de prendre résolument position contre ce projet. Le CNLE n’est pas un repaire d’affreux gauchistes mais un organe consultatif placé sous l’autorité du Premier ministre. Ses soixante-quatre membres invitent le gouvernement à retirer ce texte qui, s’il était appliqué, ferait près de 4 millions de perdants dont 1,35 million parmi les 20 % des ménages les plus pauvres. Mais rien ne dit que Lecornu tiendra compte de cet avis négatif.

L’entreprise au Bibendum, après avoir récemment décidé la fermeture de deux de ses sites de production (Vannes et Cholet), annonce un « plan de départs volontaires » concernant 1500 employés. Le PDG du groupe justifie cette démarche en prétendant des contraintes insoutenables – fiscalité, coût du travail, « hyper concurrence chinoise » – subies en France où des déficits seraient enregistrés. Les seuls qui paient vraiment et à qui l’on met la pression sont les salariés : on leur promet des mobilités internes, des parcours individualisés à la reconversion. Tout un jargon patronal bien huilé pour masquer la réalité des travailleurs qui seront laissés sur le bas-côté.

Pendant les fortes chaleurs, la SNCF a annoncé des suppressions de trains sur certaines lignes visant à « prévenir les pannes potentielles de climatisation ». Elle motive ces suppressions par le fait que « la conception ancienne des voitures Corail ne leur assure pas la même robustesse que celle des trains plus récents dans certaines conditions météorologiques ». Dans le même temps, les sénateurs proposaient une nouvelle rallonge du budget militaire, afin de le porter à 450 milliards d’euros d’ici 2030 pour commander plus de Rafale et de frégates.

L’Office fédéral allemand de protection de la Constitution vient de publier une brochure recensant certains symboles et images qu’il considère comme associés à « l’antisémitisme ». À côté des accusations de crime rituel et des caricatures antijuives de la période nazie, l’Office fédéral tend à associer à l’antisémitisme des formes de soutien liées à la lutte du peuple palestinien. On trouve parmi ces dernières le slogan « Du fleuve à la mer », pour désigner un futur État palestinien unifié qui engloberait à la fois Israël, la Cisjordanie et Gaza, et « Handala », un petit personnage représenté pieds nus et de dos qui s’affiche sur les murs de Cisjordanie et de Gaza pour symboliser la résilience des Palestiniens. Également pointée du doigt comme « antisémite »… la pastèque, fruit brandi lors de manifestations, notamment en Israël, car il a les mêmes couleurs que le drapeau palestinien (rouge, noir, blanc, vert). On pourrait ajouter à la liste le keffieh, le foulard noir et blanc traditionnel des Palestiniens. Pour l’Office fédéral, tout comme pour le gouvernement allemand et bien d’autres, tout ce qui rappelle de près ou de loin le sort des Palestiniens est forcément antisémite. De l’islamophobie cachée derrière l’antiracisme.

La marque de vêtements de prêt-à-porter pour enfants Okaïdi prévoit de fermer une soixantaine de boutiques dans l’Hexagone (sur un total de 335) et de supprimer jusqu’à 290 postes (sur 2 000 environ). Elle compte actuellement plus de 900 boutiques et 4 500 salariés dans le monde. À l’étranger, elle prévoit la cessation complète de son activité en Pologne, en Allemagne et au Portugal. Elle a été mise en redressement judiciaire en février dernier. Elle n’est que la dernière en date de nombreuses autres entreprises de prêt-à-porter qui ont connu de graves difficultés ces dernières années : IKKS, Camaïeu, Kookaï, Gap France, Pimkie, Comptoir des Cotonniers, Princesse Tam Tam… Cette crise a été fatale pour certaines d’entre elles, liquidées comme Kaporal et Jennyfer. En cause : la concurrence chinoise et la fast fashion mais aussi la perte de pouvoir d’achat des familles modestes. Au total ce sont plusieurs milliers de salariés qui se sont retrouvés sur le carreau.

La Cour des comptes estime que si l’on veut ramener la Sécurité sociale à l’équilibre d’ici 2030, il faudra trouver dix milliards d’euros d’économies ou de nouvelles recettes chaque année. C’est-à-dire six milliards supplémentaires en plus des quatre milliards d’économies déjà prévues par l’exécutif. La Cour suggère « d’élargir le périmètre » des franchises médicales et participations forfaitaires – c’est-à-dire la somme non remboursée sur les consultations médicales, les médicaments, les transports sanitaires et les actes paramédicaux. Or le montant de cette somme non remboursée a déjà doublé en 2024. Les assurés sociaux pourraient ainsi payer une franchise chez le dentiste ou la sage-femme – comme celle payée chez le médecin – ou même sur les prestations des pharmaciens d’officine et sur l’achat de dispositifs médicaux. Autre mesure préconisée : réduire les « hospitalisations inadéquates », notamment les séjours trop longs qui concernent « 30 000 patients en moyenne » quotidiennement dans les établissements publics et privés, par exemple des personnes âgées qui ne trouvent pas de place en Ehpad ou des malades très précaires et isolés n’ayant pas de solution de sortie. Un plan anti-social qui inspirera, soyons en sûrs, les candidats les plus réacs à l’élection présidentielle.

L’Union nationale des associations familiales fustige les frais exorbitants appliqués par les banques lors des saisies sur compte. Elle a répertorié en 2025, « plus de 20 millions d’actes de saisies sur compte de particuliers ». L’association estime que ces pratiques aggravent encore la précarité des personnes déjà en difficulté financière, en les enfonçant davantage dans une spirale d’exclusion bancaire. Ces saisies – pour factures d’hôpital ou de cantine non réglées, amendes ou loyers impayés – représentent plusieurs centaines de millions d’euros de rentrées pour les établissements bancaires. Si l’opération est renouvelée mois après mois, une dette non remboursée peut générer « des frais bancaires supérieurs au montant de la dette », constate l’association qui a englobé dans son étude 101 établissements bancaires. Et de noter également que rien que pour le recouvrement des amendes et des condamnations pécuniaires, « le nombre de saisies émises par l’administration a été multiplié par trois entre 2019 et 2025 ». Les banques profitent de tout, y compris de la précarité des plus pauvres.

Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, une manifestation écologiste contre la construction d’une méga-bassine (retenue d’eau pour l’agriculture intensive) était violemment réprimée par les forces de l’ordre. Un manifestant, Serge Duteil Graziani, visé par le tir direct d’un gendarme, faillit y perdre la vie. Mais tant l’inspection générale de la gendarmerie nationale que la justice, saisies de l’affaire, s’étaient déclarées incapables d’identifier l’auteur du tir. Cependant, après une longue enquête, Libération et Mediapart affirment avoir repéré l’origine du tir en passant en revue 2 100 vidéos, entremêlant celles enregistrées par les gendarmes et celles des manifestants. Et les deux médias mettent en cause un gendarme, Arnaud F. Interrogé sur ces révélations à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a tenu à apporter son soutien « aux gendarmes et aux policiers ». C’est le contraire qui eut été étonnant. Violence policière partout, justice nulle part !

Encore une « réunion stratégique » à l’Élysée. Une des plus. Cette fois Macron a plastronné devant un parterre de chefs d’entreprises et d’organisations professionnelles du BTP, de l’industrie et de l’énergie. Thème abordé : appeler à « une mobilisation collective pour rendre le passage à l’électrique naturel et désirable » qui, parait-il, permettra au pays de devenir plus indépendant, plus compétitif, de créer davantage d’emplois et de bien être. C’est comme si c’était fait. Et, au passage, de vanter pêle-mêle les vertus des pompes à chaleur, des voitures électriques et de… l’énergie nucléaire. Tout en félicitant les présents d’être « l’équipe de France de l’électrification » avec au premier plan Stellantis, mais aussi l’opérateur de recharge Electra, Lidl France, Leclerc, Renault ou encore Enedis. Autant de patrons qui, sous prétexte d’aider à décarbonater l’économie, continueront à recevoir dans les années qui viennent des milliards d’euros de subventions de la part de l’État. Si l’abandon des énergies fossiles est une nécessité écologiste, changer d’énergie n’empêchera nullement la pollution, mais surtout l’exploitation, de continuer sous d’autres formes. Car c’est la société capitaliste qu’il faut renverser et pas seulement un modèle énergétique.