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Brèves

L’actualité en bref

Des affrontements entre les forces armées et des manifestants ont fait au moins neuf morts parmi ces derniers qui protestaient contre la condamnation d’Ousmane Sonko, un des leaders de l’opposition qui compte bien se présenter l’an prochain à la présidentielle contre le président sortant, Macky Sall. Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs quartiers de Dakar, à Casamance, dans le sud du pays, et dans plusieurs autres villes. Sall, qui s’agrippe au pouvoir et a fait savoir qu’il briguerait probablement un troisième mandat malgré le fait que cela lui est interdit par la constitution, a déjà fait emprisonner Sonko, très populaire parmi la jeunesse. Cette fois il a été condamné par une chambre criminelle à deux ans de prison ferme « pour avoir poussé à la débauche une jeune femme de moins de 21 ans ». Le prétexte est bidon mais la condamnation rend de fait Sonko inéligible. Ce qui était évidemment le but de la manœuvre.

Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, sera jugé en novembre pour « favoritisme » dans le cadre d’un marché public. Pour ces faits, remontants aux années 2009 et 2010, alors qu’il était député et maire d’Annonay, en Ardèche, il est poursuivi par le parquet national financier qui le soupçonne d’avoir fait une fleur à la Société d’aménagement urbain et rural (Saur), un grand groupe de traitement de l’eau. La Saur est poursuivie pour recel de favoritisme, et Olivier Brousse, son ancien dirigeant, pour complicité de favoritisme. Avant cela, Dussopt trainait déjà une autre casserole du même genre pour avoir accepté comme cadeaux en 2017 deux lithographies du peintre Gérard Garouste offertes par une société qui avait remporté un appel d’offre public. Cela commence à faire beaucoup. Ce qui n’a pas empêché Matignon d’indiquer que l’intéressé gardait « toute la confiance de la Première ministre ». En pleine crise des retraites elle peut difficilement le lâcher.

On ignore généralement que, même morts et enterrés, les ex-présidents continuent de grever le budget de l’État. L’historique des subventions versées aux fondations et associations, publié par les services de la Première ministre, montre que l’an dernier les diverses fondations qui s’occupent d’entretenir la mémoire des grands hommes qui ont occupé en leur temps le palais de l’Élysée ont reçu au total plus de 1,5 million d’euros d’argent public. Arrive largement en tête la fondation dédiée à de Gaulle (780 000 euros), suivie loin derrière de celle de Mitterrand (319 000 euros), puis de Pompidou (280 000 euro) et bonne dernière de Giscard d’Estaing (240 000 euros). Certains ont déjà calculé que l’entretien du président de la République et de ses divers services coûtait plus cher aux contribuables français que celui de la monarchie aux contribuables britanniques. Avec, en plus, la prise en charge des présidents défunts, la facture risque encore de s’alourdir.

Plusieurs États américains – notamment l’Arkansas, l’Ohio, l’Iowa et le New Jersey – autorisent désormais le travail des enfants, qui était déjà largement toléré. En 2022, les inspecteurs fédéraux avaient épinglé 835 entreprises employant plus de 3 800 mineurs alors que des journalistes révélaient que, dans le Kentucky, 300 enfants, dont certains âgés de 10 ans, avaient été embauchés par McDonald’s. Selon certaines estimations, au moins 50 000 enfants seraient actuellement employés dans l’agriculture. Pour eux le fameux rêve américain tient plutôt du cauchemar.

Par le biais de leur avocate, maître Marie Dosé, deux jeunes filles âgées de 14 et 16 ans, Lisa et Sarah, originaires de l’ouest de la France, ont saisi de nouveau le tribunal administratif pour réclamer leur rapatriement en France alors que depuis des années elles croupissent dans le camp de Roj, dans le nord-est de la Syrie, contrôlé par les Kurdes. Leur père a été porté disparu et elles ont perdu leur mère et leurs deux frères à Baghouz, lors de la chute de l’organisation État islamique en 2019. L’une d’elle a d’ailleurs été blessée aux jambes et à un bras lors des combats et est depuis handicapée. Jusqu’à présent le Quai d’Orsay et l’Élysée ont fait la sourde oreille. Pourtant, le 15 avril 2022, un auditeur de France Info avait interpellé Macron sur la situation des orphelins de djihadistes français bloqués en Syrie avec cette question : « Un enfant, ou un adolescent qui n’a plus ses parents, n’a pas vocation à rester là-bas ? » Le chef de l’État, à l’époque candidat à sa propre réélection, avait assuré que ces derniers allaient être rapatriés dans un futur proche, en répondant à cet auditeur : « Voilà, c’est une très bonne façon de le formuler. C’est exactement comme ça qu’il faut le dire. » Depuis ont eu lieu quelques rapatriements limités qui laissent sur le carreau des dizaines d’enfants. Preuve que la parole présidentielle ne vaut pas tripette.

Le tarif règlementé du gaz va prendre fin le mois prochain. Plus de 2,6 millions de consommateurs, encore abonnés à cette offre tarifaire, devront changer de contrat d’ici cette échéance. À quelle sauce seront-ils ensuite mangés ? C’est le brouillard. Engie (ex-Gaz de France) et une vingtaine d’entreprises locales de distribution (comme à Bordeaux ou à Strasbourg) leur feront de nouvelles offres tarifaires mais sans garantie de durée. En résumé, les factures risquent de flamber. Instauré en 1946, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le tarif réglementé du gaz était fixé par les pouvoirs publics, en s’appuyant sur les recommandations de la Commission de régulation de l’énergie. Ce qui offrait une certaine garantie de stabilité. Mais, en 2017, le Conseil d’État a jugé que ce tarif réglementé était contraire au droit européen de la concurrence et la loi énergie-climat, adoptée en 2019, a ainsi décidé sa disparition à compter du 1er juillet 2023. Mais on a vu ces derniers mois que ce fameux « droit européen de la concurrence » n’empêchait nullement les grands groupes gaziers de s’entendre pour maintenir des tarifs élevés pour les consommateurs alors que sur les marchés de gros internationaux les prix s’effondraient. La « concurrence non faussée » a une fois de plus permis aux grands groupes de s’en mettre plein les poches.

À partir de la rentrée, le gouvernement va faire passer de six à neuf mois par an l’obligation de séjourner sur le sol français pour les retraités de nationalité étrangère éligibles à l’allocation de solidarité aux personnes âgées. Des retraités en général pauvres, voire très pauvres. Cette mesure, destinée, parait-il, à lutter contre « la fraude sociale », va pénaliser en priorité les migrants d’origine nord-africaine qui rentrent chez eux après une vie de travail. Quant à ceux, nettement plus aisés, qui choisissent de finir leurs vieux jours sur la Costa Brava ou la Riviera italienne ils ne touchent généralement pas l’allocation de solidarité et ne sont donc pas concernés.

Après avoir brandi les articles 47.1, 42.2, 44.3 et 49.3 pour faire passer sa réforme des retraites, le gouvernement va avoir recours à l’article 40 pour être sûr de faire échouer la tentative parlementaire de revenir sur la retraite à 64 ans. La proposition de loi allant dans ce sens et présentée par le groupe de droite d’opposition « Libertés, indépendants, outre-mer et territoires » (Liot), avec le soutien de la gauche parlementaire (Nupes), du Rassemblement national et d’une partie des Républicains, a été torpillée en commission et le sera sans doute de nouveau en séance plénière le 8 juin. Preuve supplémentaire que pour abroger cette réforme scélérate les travailleurs doivent montrer leur force dans les entreprises et dans la rue, ne compter que sur eux-mêmes et ne rien attendre des gesticulations qui vont se poursuivre demain au palais Bourbon et après-demain au palais du Luxembourg.

Deux partis de la coalition gouvernementale d’extrême droite – Force juive et le Parti de l’unité nationale – mettent au point un projet de loi qui permettra de refuser aux prisonniers palestiniens malades des soins « améliorant leur qualité de vie ». La députée nationaliste Sharren Haskal a déclaré à ce propos : « En fin de compte, cela vaut la peine pour un terroriste d’aller commettre des attentats terroristes parce que sa vie dans une prison israélienne est meilleure que sa vie là où il vit. » C’est sans doute pourquoi les autorités pénitentiaires laissent mourir Wald Daqqa, un prisonnier politique atteint d’un cancer de la moelle osseuse, en lui refusant le droit d’être traité dans un hôpital. L’organisation israélienne Médecins pour les droits humains (Physicians for Human Rights) a dénoncé cette proposition, affirmant d’une part que le distinguo entre traitements médicaux et traitements pour améliorer la qualité de vie ne voulait rien dire, et que d’autre part, l’absence de soins adéquats pour les prisonniers palestiniens était déjà monnaie courante. Ce dont on se doutait.