La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a été mise en examen pour « injures publiques ». L’affaire remonte au 31 janvier dernier lorsqu’elle avait été invitée sur RTL à commenter les propos de Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, qui estimait que le projet de surtaxe sur les entreprises, proposé à l’époque par le gouvernement de François Bayrou, « poussait à la délocalisation ». Elle avait alors déclaré : « Ce chantage à l’emploi, on n’en peut plus. Leur seul objectif, c’est l’appât du gain, les rats quittent le navire. Ses propos, ses comportements sont à l’image du comportement des grands patrons aujourd’hui qui coulent le pays. » Un commentaire qui n’a pas plu à Sophie de Menton, présidente du mouvement patronal Ethic, financé par le milliardaire ultra-réac Pierre-Édouard Stérin, et agent de liaison entre les milieux d’affaires et l’extrême droite. La direction de la CGT a dénoncé de son côté une « énième procédure-bâillon » et une « attaque d’un degré inédit » alors qu’il s’agit de « la cinquième procédure judiciaire contre un membre du bureau confédéral en deux ans ». Ethic a porté plainte contre Binet et RTL en les accusant de « nuire à l’ensemble des grands patrons ». Et alors ? Où est le mal ?