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Tremblement de terre au Venezuela : une catastrophe naturelle exacerbée par la crise sociale, économique et institutionnelle

Dix jours après le séisme d’une magnitude de 7,5 qui a dévasté la ville de La Guaira et une partie de la région de Caracas, le bilan est de plus de 3 500 morts. L’ONU estime aux alentours de 50 000 le nombre de disparus. Des milliers de personnes sont à la rue, et une bonne partie des infrastructures de la région ont été réduites en poussière.

Le pays est pourtant riche : il dispose des plus importantes réserves de pétrole au monde, mais il était déjà dévasté par une crise sociale, économique et institutionnelle aiguë. Tout le monde sait déjà que le bilan humain et matériel payé par le peuple vénézuélien sera considérable.

Le système de santé était à terre bien avant le tremblement de terre. Dans les hôpitaux, il manque 80 % des fournitures médicales de base et des médicaments. Les patients de l’hôpital public doivent apporter eux-mêmes le matériel et les médicaments pour se faire opérer.

Les engins de déblaiement étaient quasi inexistants. La coordination des secours a été chaotique. Des milliers de personnes sont encore enfouies sous les décombres, alors que les chances de retrouver des victimes encore vivantes sont désormais quasi nulles.

17 000 personnes sont désormais sans logement. Des camps de fortune pour les accueillir se mettent en place jusque dans Caracas.

L’intervention militaire américaine du 3 janvier dernier, loin d’améliorer le sort de la population, n’a fait que renforcer cette situation. Imposant un régime de tutelle au gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez, Trump a confisqué les revenus du pétrole, n’en laissant que quelques miettes à ce pseudo-gouvernement vénézuélien gangrené par la corruption.

Sans doute que Trump perçoit ce tremblement de terre comme un petit caillou dans sa chaussure, l’obligeant à dépenser 150 millions d’euros d’aide (bien dérisoires en comparaison des 29 milliards dépensés pour la guerre en Iran) pour remettre en ordre un territoire qu’il se glorifiait de contrôler depuis « la grande victoire remportée » et l’arrestation fracassante de Maduro.

En tout état de cause, le gouvernement américain n’évoque absolument pas l’idée de mettre les recettes du pétrole vénézuélien au service de l’aide à la population et de la reconstruction.

La gestion du gouvernement de Delcy Rodriguez a aussi provoqué la colère de la population. Alors que l’urgence était à l’évidence l’acheminement de l’aide matérielle, des moyens de déblaiement, de l’aide humaine de secouristes et de l’aide alimentaire, le gouvernement semblait avant tout préoccupé par son image, cherchant à donner l’impression de contrôler la situation. Il a promulgué des décrets de restriction de l’accès des zones touchées, provoquant la colère de tout un peuple qui tentait d’apporter son aide aux sinistrés.

Dès les premières heures qui ont suivi le séisme, un élan de solidarité s’est déployé dans toute la population. Sachant le gouvernement et les institutions incapables d’affronter une telle catastrophe, elle a tenté de s’organiser elle-même pour apporter les premières aides matérielles, alimentaires et humaines pour aider à sortir les victimes des décombres. Ce sont ces initiatives spontanées de solidarité que le gouvernement de Delcy Rodriguez cherche à stopper, pour en reprendre le contrôle de manière autoritaire.

Juliette Stein