Nos vies valent plus que leurs profits

Un pacte entre barbares xénophobes européens !

La France doit, d’ici au 1er juillet, mettre en application le « Pacte sur la migration et l’asile » adopté par l’Union européenne. Toute personne espérant rentrer dans un pays de l’UE devra faire sa demande à la frontière, ce qui signifie concrètement qu’elle sera maintenue en rétention sans avoir le droit d’entrer sur le territoire durant douze semaines, le temps d’avoir une réponse, avec un délai de recours de douze semaines à nouveau en cas de refus, à l’issue desquelles elle pourra être expulsée. Toute une machinerie pour refuser les migrations et le droit d’asile, d’où des conditions d’enfermement encore renforcées.

Parallèlement à ce dispositif, l’UE continue à sous-traiter la surveillance de ses frontières à des pays tels que la Libye et la Tunisie. Ce faisant, elle expose les exilés à subir un véritable enfer à ses portes : coups de gourdins des gardes-côtes tunisiens, abandons en plein désert, tortures, viols et esclavage dans les prisons libyennes, rançons extorquées aux familles… Avec la complicité et les financements de l’UE, plus de 700 millions d’euros ont été versés à la Libye depuis 2014, 900 millions d’euros récemment promis à la Tunisie pour qu’elle renforce ses moyens de surveillance et 900 millions d’euros de budget annuel pour Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières. C’est avec les informations fournies par Frontex, et des survols d’avions et de drones de surveillance, que Tunisiens et Libyens arraisonnent en mer les migrants. En août dernier, c’est depuis une vedette fournie par l’Italie que les gardes-côtes libyens ont ouvert le feu sur l’équipage et les naufragés qui étaient à bord du navire humanitaire Ocean Viking.

Lydie Grimal

 
 


 
 

Douce France… bien Cra-Cra…

Selon un récent rapport publié par des associations d’aide au migrants, les centres de rétention administrative (CRA) en France font de plus en plus office de prisons, dans des conditions innommables : insalubrité, troubles psychiatriques laissés sans soins… La durée de la rétention a été portée à quatre-vingt-dix jours depuis une loi passée en 2018 et le nombre d’enfermés croît. Faut faire du chiffre ! Un livre intéressant vient de paraître sur ces centres : Comme on les enferme, de Louise Tassin (La Découverte).