Après le discours belliqueux de Macron, une partie de la droite, du centre et de la gauche réclame la mise en vente des avoirs russes actuellement sous séquestre dans nombre de pays occidentaux pour financer l’effort de guerre et aider l’Ukraine. Une position largement démagogique, mais qui permet d’apparaître à bon compte plus radical et plus va-t-en-guerre que le président qui n’y est pas favorable. Dénoncer cette démagogie est une chose. Mais défendre les avoirs russes en est une autre. Un pas que vient pourtant de franchir le député insoumis de Seine-Saint-Denis, Bastien Lachaud. Il a déclaré lors d’un point presse : « Nous nous opposons fermement à la confiscation des avoirs russes » car cela irait « à l’encontre du droit international » et serait « faire preuve d’irresponsabilité ». Et d’enfoncer le clou : « Une telle décision aurait des conséquences désastreuses pour la France : plus aucun investisseur ne prendrait le risque d’y placer son argent si ses avoirs pouvaient être saisis en cas de crise internationale. » C’est exactement les raisons avancées par Macron pour s’opposer à une telle mesure et tout faire pour que le pays conserve sa réputation de « business friendly » (favorable aux affaires). Mais, avec un tel raisonnement il faudrait s’opposer demain à tout mouvement populaire de masse qui risquerait d’effrayer les investisseurs, français et étrangers. Une pente glissante…