Pour la première fois, en plus des maires de secteur, les habitants de Marseille sont invités à élire directement le futur locataire de la mairie centrale. Voilà qui chamboule un peu les habitudes, alors que, jusque-là, de savants calculs gonflaient le poids des quartiers les plus riches dans l’élection du maire. Mais, alors que Benoît Payan, le maire sortant PS-Union de la gauche, est au coude à coude avec le candidat du RN, et qu’ils débattent pour savoir s’il faut doubler ou tripler les effectifs de la police municipale, les préoccupations des classes populaires sont tout autres : 40 000 logements considérés comme indignes, le chômage et la pauvreté qui progressent, des quartiers désertés par les services publics, les politiques racistes et la chasse aux sans-papiers…
Cette semaine, le NPA-Révolutionnaires a déposé sa liste « Marseille, ouvrière et révolutionnaire » pour les 2e et 3e arrondissements de la ville, un secteur populaire, et particulièrement révélateur des inégalités produites par le système capitaliste : 52 % des habitants du 3e arrondissement vivent sous le seuil de pauvreté, à quelques centaines de mètres du siège de la CMA-CGM et de ses plus de 50 milliards de bénéfices accumulés depuis 2021.
Une liste constituée de salariés du commerce, de la restauration, de la logistique, d’employés de bureaux, de travailleurs des services publics, du secteur associatif, de la santé, mais aussi d’étudiants, de retraités et de privés d’emploi : elle est conduite par Juliette Coléou, employée dans une grande enseigne du commerce, un secteur où les salariés subissent les bas salaires, les temps partiels – surtout pour les femmes ! –, les journées à rallonge ou éclatées et qui connaît des vagues successives de licenciements, comme encore récemment chez Intermarché ex-Casino à Plan de campagne, aux Galeries Lafayette à Marseille, ou chez Alinéa à Aubagne.
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