Nos vies valent plus que leurs profits

L’école au régime sec : l’austérité frappe !

Coralie, candidate aux élections municipales à Nanterre, raconte comment le nouveau budget asphyxie encore plus l’Éducation nationale.

Le budget austéritaire se traduit très concrètement dans nos écoles. Récemment, on a parlé de presque 4 000 suppressions de postes dans l’éducation ! Une fermeture de classe, ce sont immédiatement des effectifs qui augmentent dans les autres. Car pour les services de l’Éducation nationale, la logique comptable prime toujours sur la logique pédagogique : au lieu de profiter des baisses démographiques pour faire baisser le nombre d’élèves par classe, ils l’augmentent !

Le manque de moyens humains est devenu structurel. Les remplacements ne sont plus assurés correctement : lorsqu’un collègue est absent, les élèves sont répartis dans les autres classes, ce qui alourdit encore les effectifs et dégrade les conditions d’apprentissage. L’inclusion d’élèves en situation de handicap est affichée comme une priorité, mais sans accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) en nombre suffisant ni formation adaptée. Tout cela a un impact direct sur la qualité de l’accueil des enfants, en particulier ceux issus des milieux populaires, qui sont les premiers pénalisés.

L’éducation est un secteur très féminisé et peu valorisé sur le plan salarial. Quand les rémunérations stagnent et que les conditions de travail se dégradent, cela touche principalement les femmes. Et lorsque l’école, la santé ou les services sociaux sont affaiblis, les femmes compensent dans la sphère familiale. Elles sont 11 % à occuper des temps partiels contre seulement 4 % des hommes.

La charge de travail a aussi augmenté ces dernières années. Il faut faire plus, avec moins. Cette intensification du travail a des conséquences réelles sur la santé du personnel, très majoritairement des femmes donc, surtout dans le premier degré. Les équipes sont exsangues : il y a davantage d’arrêts maladie, d’épuisements professionnels, de demandes de temps partiel pour tenir. Des études montrent que le burn out chez les enseignants est d’environ 17 % – contre 10 % dans les autres professions – et qu’il touche davantage les femmes.

Dans notre ville, Gennevilliers, nous avons créé un collectif, formé dans la chaleur de la lutte en 2023, regroupant enseignants et parents d’élèves, principalement des mères. Le collectif prépare d’ores et déjà la bagarre à venir… Il ne manque pas de raisons de se battre !

Pour de réelles améliorations, il faudrait une revalorisation salariale sans contrepartie, une baisse significative des effectifs par classe et des moyens à la hauteur des besoins… Mais ces avancées ne viendront pas d’elles-mêmes. Elles dépendront de notre capacité à construire un rapport de force favorable, à unir le personnel et les parents et à inscrire la défense de l’école publique dans une mobilisation plus large.

Ce n’est pas en luttant chacun dans notre coin que nous ferons trembler une institution offensive contre ses salariés depuis des années. Pour contrer ces plans austéritaires et cette politique qui entraîne et aggrave les inégalités sociales, il faudra qu’on s’y mette tous et toutes ensemble, en prenant le chemin de la rue et de la grève.

Coralie Tisza

 

 


 

 

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