Nos vies valent plus que leurs profits

Retour sur un coup de com’ qui sent l’enfumage

1er mai 2026, 4 heures : les premiers salariés de la boulangerie Le Pétrin dauphinois à Domarin (Isère) commencent leur journée. Ce n’est ni le paternalisme ambiant dans les magasins, ni les salaires mangés par l’inflation, ni encore la peur des représailles qui les ont poussés à sacrifier un jour de repos payé. La preuve ? Leur patron, M. Amieux, leur a fait signer un papier qui le dit !

8 h 30 : des inspecteurs du travail font savoir à M. Amieux qu’il est dans l’illégalité et qu’il risque une amende. Il ne l’ignorait pas, mais il s’en fiche un peu. Depuis des années qu’il exploite ses salariés le 1er mai, ce n’est pas en 2026 que ça va changer…

12 h 10 : M. Amieux, par ailleurs président de la fédération des boulangers locale, intervient par téléphone sur RMC, radio officieuse du petit patronat pleurnicheur. M. Amieux a 14 salariés, ce n’est pas vraiment un « petit », mais qu’importe, il déroule : « Ça ne me fait pas peur […] le Premier ministre a été clair que s’il y aurait des amendes, on ne les paierait pas ».

Juste après son passage radio, le Premier ministre l’appelle et lui confirme qu’il n’aura aucune sanction. Ce petit numéro est à la fois un coup de com’ et un coup monté qui fait passer un gros boulanger pour la petite victime d’une vilaine tradition ouvrière. Il n’avait qu’un seul but : faire accepter un recul sur un jour qui doit rester celui des travailleurs !