Le garde des sceaux, Gérald Darmanin, dans une note que s’est procurée l’Humanité envoyée fin février à tous les procureurs et présidents de tribunaux du pays, leur demande à l’avenir de tenir « en une journée » les audiences des cours criminelles départementales qui jugent 90 % des viols. Il leur suggère de limiter au maximum la citation à la barre de témoins et d’experts. Ce serait, parait-il, un moyen d’accélérer les délais de justice et de résorber les montagnes de dossiers accumulés à cause du manque de moyens qui, depuis des décennies, frappe l’institution. « Il n’est pas possible de juger correctement des affaires de viol en une seule journée », ont tenu à réagir les avocates Isabelle Steyer et Violaine De Filippis-Abate, coprésidentes de l’association Action juridique femmes. Mais Darmanin s’en moque. Pour lui il s’agit de désengorger les tribunaux et de faire du chiffre. Quant à la justice, elle peut aller se rhabiller.