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Procès des décharges sauvages de Nestlé : le parquet ménage la multinationale

Au cours des années le trust alimentaire Nestlé Waters avait multiplié les décharges sauvages de bouteilles en plastique et en verre, autour de ses usines d’embouteillage des Vosges, notamment près de Vittel et de Contrexéville, décharges qui représentent aujourd’hui l’équivalent de 470 000 mètres cubes de déchets. Ces dépôts illégaux ont entraîné des écoulements de déchets plastiques et d’autres matières polluantes dans les cours d’eau locaux, suscitant l’indignation des associations environnementales et des autorités régionales. Finalement le parquet a requis la condamnation de Nestlé pour avoir « exploité et géré illégalement » des décharges sauvages de déchets, à une amende de 750 000 euros et à la remise en état des sites concernés. Mais, curieusement, il n’a pas retenu la qualification de pollution et son réquisitoire a été en demi-teinte. Tous les observateurs ont noté la timidité du représentant du ministère public dans cette affaire qui n’aurait sans doute jamais abouti devant les tribunaux sans l’obstination des associations de défense de l’environnement. Car cela fait des années que l’État ferme les yeux sur les pratiques de Nestlé notamment sur les traitements qu’elle fait subir à ses eaux qui n’ont de « naturelles » que le nom.