Lundi 22 juin, alors que la canicule ne faisait que commencer, la température dépassait déjà 40 °C dans plusieurs points de l’usine. Si dans certains secteurs on peut travailler en t-shirt, au ferrage, les bleus à manches longues et le pantalon sont de rigueur. Il faut même parfois porter des manchons ignifugés pour se protéger de la chaleur des pièces et des machines…
Dans l’enfer qu’est devenue l’usine, le diable ne se cache plus dans les détails. La production doit sortir, un point c’est tout. Sauf quand les machines tombent en panne, comme les Felss du secteur des arbres, dont le liquide de refroidissement ne redescendait plus assez en température.
La direction a déclaré open bar sur la Cristalline 50 cl, acheté des ventilos – pour mieux brasser l’air chaud ? Elle a aussi concédé des pauses fraîcheur, mais pas au rythme de celles de la Coupe du monde. Trois arrêts de dix minutes en huit heures d’équipe, c’est à peine de quoi aller prendre l’air dehors la nuit. Quant à la journée… Le médecin de l’usine préconise sans rire de retourner aux vestiaires prendre une douche. Mais dix minutes, ça ne laisse que le temps de faire le trajet… et se prendre un mur de chaleur : les verrières situées au-dessus des vestiaires en font un des points les plus chauds du site !
Après avoir déposé un danger grave et imminent (DGI), la section CGT de l’usine a lancé un appel à la grève pour regrouper tous ceux qui refuseraient de prendre des risques pour leur santé. Au final, il y a certes eu peu de grévistes. Mais ces collègues indiquent la voie à suivre. Une première canicule avait rendu l’usine invivable fin mai. D’autres suivront, nous le savons tous. Voilà pourquoi il était fondamental de réagir.
Correspondant