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Guingamp : première grève à l’université catholique de l’Ouest (UCO)

Crédit NPA-R

Une situation anachronique à l’UCO Guingamp

Mardi 7 juillet, pancartes revendicatrices, drapeaux et chasubles de la CGT colorent un rassemblement d’une vingtaine d’enseignants chercheurs et de soutien réunis à l’entrée du campus. Cette grève a révélé au public la situation sociale de crise au sein de la vénérable institution catholique.

L’UCO est implantée dans une ancienne caserne de l’armée, dans les bâtiments qui furent pour la Bretagne le centre de préparation au service militaire du temps de la conscription. Hier le sabre, aujourd’hui le goupillon.

Une situation sociale sous tension

L’UCO est un établissement d’enseignement supérieur privé associatif, implanté de longue date sur le territoire costarmoricain, qui accueille chaque année près d’un millier d’étudiants (dont une part importante de boursiers) et qui bénéficie de soutiens financiers publics.

Sa filière « psychologie » représente les plus gros effectifs, formant désormais environ 250 étudiants de la première année de licence à la deuxième année de master, leur permettant d’acquérir le titre de psychologue. Cette filière génère une partie importante des ressources financières de l’association et est largement bénéficiaire.

Ses huit enseignants permanents, soutenus par des enseignants d’autres filières, faisaient grève pour alerter publiquement sur les incertitudes pesant sur la prochaine rentrée en psycho : en effet, deux d’entre eux, une enseignante et un enseignant, engagés depuis plusieurs années, ont reçu un courrier de la direction les informant du non-renouvellement de leur contrat. Et une annonce d’une baisse très conséquente des moyens humains octroyés (plus d’un équivalent temps plein) a été faite, alors même qu’une année de formation supplémentaire ouvre (master 2).

Par ailleurs, les enseignants considèrent que la manière dont les décisions sont prises par la direction et présentées au personnel le sont sans considération de leur surcharge de travail, déjà très importante cette année. Cette maltraitance institutionnelle a généré une importante souffrance pour nombre d’entre eux, conduisant à plusieurs arrêts-maladie.

Les grévistes demandaient :

  • la reconduction immédiate des contrats des deux collègues concernés ;
  • un recrutement supplémentaire pour assurer les moyens d’encadrement des étudiants de cette filière à la rentrée ;
  • l’arrêt de la dégradation des conditions de travail causée par la restriction des moyens accordés et par l’absence de concertation.

 

La réponse de la direction fut de proposer aux deux enseignants en CDD de postuler sur… leurs propres postes, ouverts au recrutement.

Un mépris somme toute peu chrétien !

La gréve coïncidant avec la fin de l’année scolaire le mouvement rebondira-t-il en septembre ?

Correspondant