Pendant les mois de mars et avril, les lycéens et le personnel des lycées marseillais ont multiplié les grèves et les manifestations contre les coupes budgétaires. Malgré l’ampleur de la mobilisation, le rectorat refuse toujours l’audience collective demandée par les établissements en lutte. La seule réponse apportée, c’est la répression, avec l’arrestation de huit lycéens, parfois au petit matin à domicile ou à leur arrivée au lycée.
Il y a un durcissement des autorités, et pas seulement de la police. Dans certains établissements, les sanctions disciplinaires ont la cote, allant du blâme aux exclusions définitives. Au point que l’inspecteur d’académie Jean-Yves Bessol, descendu de Lille à Marseille et qui semble avoir raté une vocation dans les RG, s’est pris de passion pour la traque aux élèves mobilisés. Il a lui-même photographié les jeunes lors de leur sit-in devant la direction académique de l’éducation à Marseille, puis a demandé aux chefs d’établissements de les identifier. Si certains proviseurs ont refusé, d’autres ont allègrement collaboré, permettant à « l’inspecteur Bessol » d’envoyer des courriers aux parents des élèves ainsi dénoncés.
Ces coups de pression visent à faire faiblir la mobilisation. À nous de poursuivre la grève pour faire aboutir nos revendications : des moyens à la hauteur des besoins ! Puisque le gouvernement rallonge d’un claquement de doigt le budget de la défense de 8,5 milliards, il a bien de quoi financer une éducation de qualité. De l’argent il y en a, rendez-le-nous !
Adèle Bellon