Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison par le tribunal judiciaire de Paris pour « association de malfaiteurs » dans l’affaire du financement libyen de sa campagne électorale de 2007. Aussitôt la droite et l’extrême droite, qui en général n’ont pas de mots assez durs pour critiquer « le laxisme de la justice » lorsque cette dernière condamne des jeunes de banlieue ou des manifestants, a volé au secours de l’ancien président de la République pour dénoncer « une justice politique », voire « trop sévère ». De Marine Le Pen à Éric Ciotti en passant par les Républicains Bellamy et Le Rudelier, le président Renaissance de la région Paca, Renaud Muselier, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le président du Sénat, Gérard Larcher, chacun y est allé de son indignation ou de sa larme à l’œil. Dans cette cacophonie, silence remarqué de Gérald Darmanin qui est supposé être garant de l’indépendance de la justice en sa qualité de garde des sceaux. Il n’a pas eu un mot pour défendre les juges dans cette affaire. Il faut dire qu’il appartient au même camp que Sarkozy et de ses défenseurs. Une solidarité de classe, en quelque sorte…

La rédaction du quotidien Le Parisien-Aujourd’hui en France a voté la grève pour « exprimer son opposition » à un éventuel projet de vente du Parisien au groupe Bolloré et « exiger » 17 embauches en CDI. La grève a été votée par 258 salariés, soit 72,5 % des participants à une assemblée générale. Le Parisien est propriété de Bernard Arnault, multi-milliardaire et propriétaire du groupe de luxe LVMH. La vente du titre à un autre milliardaire, mais celui-ci d’extrême droite, Vincent Bolloré, inquiète avec quelque raison le personnel, et plus particulièrement les journalistes, qui redoutent une mise au pas accompagnée (et cela a déjà commencé) d’une réduction des effectifs. Mais cela illustre une nouvelle fois la très relative liberté de la presse en régime capitaliste, la plupart des médias étant aux mains des super-riches.

60 millions de consommateurs, le magazine édité par l’Institut national de la consommation, a testé vingt produits appartenant à cinq catégories de parfums d’intérieur : quatre encens à brûler, quatre bougies parfumées, quatre diffuseurs statiques, quatre diffuseurs électriques et quatre sprays désodorisants à base d’huiles essentielles. Les encens sont les plus néfastes, car ils diffusent des produits cancérigènes en concentration bien supérieure au seuil défini par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Les bougies et les diffuseurs sont moins nocifs mais malgré tout pas très bons pour la santé. L’utilisation régulière et prolongée des parfums d’intérieur est donc à bannir, surtout pour les enfants, les femmes enceintes et les asthmatiques. Ce qui n’empêche nullement les industriels et les labos de continuer à les produire et à accumuler les profits. Tout cela ne sent pas très bon.

La haut-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, s’était insurgée cet l’été contre les « espaces no kids », des endroits où les enfants ne sont pas les bienvenus. Nouveau coup de colère de la même, cette fois-ci contre la fermeture, sur décision du tribunal de Versailles, d’une cour de récréation d’une école Montessori. En effet les voisins d’un hôtel particulier mitoyen de l’établissement scolaires se sont plaints « des nuisances sonores et visuelles » provoquées par les enfants lorsqu’ils jouent dehors. Pour de nombreux parents et plusieurs associations, cette situation est le symptôme d’une « tolérance sociale de plus en plus faible vis-à-vis des enfants ». Il est vrai qu’un monde sans enfant serait nettement plus calme et moins bruyant. Le genre d’atmosphère apaisée que l’on retrouve dans les cimetières.

Selon l’Institut de recherche sur le climat, le niveau d’acidité des océans, qui a augmenté de 30 à 40 % depuis le début de l’ère industrielle, a dépassé la limite compatible avec la survie des écosystèmes aquatiques stables et durables. Selon l’Institut, qui étudie cette question depuis 2009, cette acidité menace en particulier les organismes à coque ou à squelette en carbonate de calcium, mettant en danger toute la chaîne alimentaire. Et la pollution continue de plus belle !

Mercredi 24, les conducteurs de trains de la gare de Lyon-Perrache se sont mis en grève pour réclamer des effectifs supplémentaires et une amélioration de leurs journées de service. Une majorité d’agents sur les 40 % s’étant déclarés grévistes se sont réunis en assemblée générale pour discuter de leurs revendications et décider de la suite du mouvement. Bien que la grève n’ait pas été reconduite au lendemain, les grévistes ont appelé à une nouvelle journée de grève et à une AG le 2 octobre. Cette date coïncide avec la prochaine journée interprofessionnelle appelée par l’intersyndicale, l’occasion de lier leur lutte à celles de l’ensemble des travailleurs : effectifs, conditions de travail, salaires, pour imposer nos revendications, c’est tous et toutes ensemble qu’il faudra se battre !

À l’occasion de la sortie du film Muganga : celui qui soigne, qui lui est consacré, le docteur Denis Mukwege a accordé une interview au journal en ligne Le Huffpost où il évoque les violences sexuelles que subissent des milliers de femmes en République démocratique du Congo. Ce long-métrage retrace la rencontre et la collaboration de ce médecin congolais avec Guy Cadière, un chirurgien belge. Ce dernier va venir appuyer le gynécologue qui soigne depuis plus de vingt ans – au péril de sa vie – des femmes violées dans le cadre de la guerre qui ravage le pays. Les deux médecins aident les femmes à se reconstruire, aussi bien physiquement que psychologiquement. Le Dr Mukwege explique : « Lorsqu’on dit que le viol est une arme de guerre, c’est parce qu’il produit les mêmes conséquences que les armes classiques. » Car cet acte a un but bien précis : faire fuir les populations et s’emparer de leurs terres, riches en minéraux rares, le pays abritant notamment 80 % des réserves mondiales de tantale utilisé dans la fabrication des smartphones. Des viols souvent commis devant les familles, les enfants et les maris, pour ôter à ces derniers l’envie de se battre. Et de conclure : « On parle juste des femmes ici, mais ce conflit a déjà fait six millions de morts. Le monde est silencieux, mais c’est le conflit le plus meurtrier après la Seconde Guerre mondiale. » Et pas grand monde en parle…

Les militants de la flottille humanitaire en route pour la bande de Gaza ont été visés à nouveau dans la nuit du 23 au 24 septembre par 15 à 16 drones alors que leurs bateaux se trouvaient au large de la Crête. Les engins ont provoqué des explosions et cinq embarcations ont été touchés. Les dirigeants de la Global Sumud Flotilla ont dénoncé dans un communiqué « de multiples drones, des objets non identifiés largués, des communications brouillées et des explosions entendues depuis plusieurs bateaux » avant de conclure : « Nous sommes actuellement témoins directs de ces opérations psychologiques, mais nous ne nous laisserons pas intimider. » Partie en début de mois de Barcelone, la flottille avait déjà fait l’objet de deux attaques de drones alors qu’elle était à l’ancre devant Tunis. Ses responsables ont accusé Israël d’être derrière ces agressions. Composée de 51 bateaux, la flottille revendique la participation de militants pro-palestiniens de 45 pays. Elle veut tenter de forcer le blocus qu’Israël impose à Gaza depuis 2007.

Le jury des Sky Arts Awards a décidé d’attribuer son prix 2025 de littérature à l’écrivaine irlandaise Sally Rooney pour son livre Intermezzo. C’est son éditeur qui a reçu le prix à sa place car la romancière avait été interdite d’entrée au Royaume-Uni pour son soutien affiché à l’association Palestine Action, dissoute pour « terrorisme ». Tout en récompensant l’ouvrage pour ses qualités propres, les jurés ont voulu aussi manifester leur solidarité avec Sally Rooney, poursuivie pour avoir osé afficher ses opinions en faveur des Gazaouis. Car outre-Manche aussi, le soutien à la Palestine est criminalisé.