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Brèves

L’actualité en bref

À 92 ans, et au pouvoir depuis 1982, Paul Biya le plus vieux chef d’État en exercice, a été déclaré réélu pour la huitième fois dans un pays verrouillé par un régime qui neutralise toute opposition. La veille, quatre personnes avaient été tuées lors de manifestations en soutien à son principal rival alors que l’armée avait ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants qui dénonçaient les résultats comme fallacieux. Ce qui n’a pas empêché le Conseil constitutionnel, à sa botte, de le proclamer vainqueur avec plus de 53 % des voix. Depuis son arrivée au pouvoir, Biya s’est montré un obligé de l’impérialisme français qui n’a jamais cessé de lui témoigner son soutien. L’an dernier, en marge des Jeux olympiques, Macron avait tenu à recevoir Biya à l’Élysée pour discuter de divers sujets de coopération, notamment la lutte contre le terrorisme mais aussi le renforcement des infrastructures et les investissements des groupes tricolores dans le pays. La Françafrique a encore de beaux restes…

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a affirmé qu’Israël aurait un droit de veto sur les membres de la force internationale en charge de sécuriser la bande de Gaza après la guerre. Seuls des pays « non hostiles » à l’État sioniste pourront envoyer des contingents. D’ores et déjà il a interdit à la Turquie d’y participer tout comme il a fait barrage à l’entrée dans le territoire palestinien de travailleurs humanitaires turcs. Vu le nombre d’États qui ont pris leur distance avec Israël du fait du génocide des Gazaouis, il est probable que les « non hostiles » à l’État sioniste se compteront sur les doigts de la main. Aucune importance, Jérusalem ayant d’ores et déjà fait savoir que ses troupes étaient prêtes à reprendre l’offensive au moindre prétexte. La paix trumpiste dans toute sa splendeur.

La FNSEA, faux syndicat agricole, vrai lobby de l’agro-industrie, s’est déchaîné pour le maintien de niches fiscales sur les bio-carburants, avec le soutien de la droite et l’extrême droite. Le gouvernement est revenu sur sa propre proposition, finalement enterrée par la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Parmi ces niches, qui assurent aux distributeurs plus de 20 % de marges, l’une porte sur un bio-carburant produit et distribué à 70 % en France par Saipol. Soit un chèque de 95 millions d’euros du contribuable à une filiale du groupe Avril… dirigé par l’actuel président de la FNSEA !

Une fois encore, Donald Trump choisit la démonstration de force. Cette semaine, en réaction à une campagne canadienne dénonçant la hausse de ses droits de douane – une publicité qu’il a qualifié de « fraude » –, il a riposté avec brutalité : + 10 % de taxes supplémentaires sur les importations concernées et suspension immédiate des relations commerciales. Un Trump égal à lui-même, porte-voix d’un capitalisme décomplexé !

La banque Ayandeh (« avenir » en persan), l’un des plus importants établissements bancaires privés du pays, a été déclarée en faillite. Cette banque a pignon sur rue grâce à son réseau de 270 agences à travers le pays, dont 150 à Téhéran, la capitale, et est à l’origine de projets fastueux, à l’image de l’immense complexe commercial Iran Mall à Téhéran, qui se présente comme le plus grand au monde et dispose notamment d’une patinoire et de cinémas. Aussitôt l’État est venu à son secours en en faisant prendre le contrôle par la banque publique Melli (« nationale » en persan) qui a promis de sécuriser les avoirs des déposants en reprenant à son compte les dettes et les découverts d’Ayandeh. Tant que cette dernière faisait des bénéfices, ils aboutissaient dans la poche des actionnaires. Ce ne sont pourtant pas ces derniers qui épongent les dettes, mais la puissance publique. « Privatiser les bénéfices, socialiser les pertes » est une pratique presque aussi vieille que le capitalisme lui-même. Y compris chez les ayatollahs.

« Ni oubli, ni pardon » : des milliers de manifestants se sont réunis samedi soir dans le centre-ville de Valence, dans l’est du pays, pour rendre hommage aux 229 victimes des inondations meurtrières d’octobre 2024 et protester contre les autorités. Parmi la foule, de nombreuses pancartes brandies demandaient « Justice ! », dénonçaient « l’inaction criminelle » des autorités régionales, et du président de la communauté de Valence, le très droitier Carlos Mazón, que les habitants jugent responsable de la gestion de la tragédie et dont ils demandent la démission. Ce que ce dernier refuse de faire en rejetant la faute sur le gouvernement de Madrid. Quoi qu’il en soit, il y a un an les Valenciens ont été livrés à eux-mêmes et n’ont pu compter pour s’en tirer que sur un vaste mouvement de solidarité de la population de tout le pays.

C’est la constatation de deux ONG, Générations futures et Data for Good, spécialisées notamment dans l’analyse de l’eau. Selon elles « la qualité de l’eau est globalement bonne en France avec actuellement plus de 87 % d’unité de distribution d’eau potable conformes à la réglementation et sans dépassement des limites sanitaires ». Ce qui n’est pas le cas de l’eau en bouteille qui coûte de 100 à 400 fois plus cher. Mais ce surcout n’est nullement garant de sécurité sanitaire. En 2022, l’association Agir pour l’environnement révélait que huit bouteilles d’eau commercialisées sur dix étaient contaminées par des microplastiques. Autre point noir de la filière « bouteille » : la production de déchets plastiques et l’énergie consommée pour sa distribution. Ce qui n’empêche nullement les pouvoirs publics de laisser les principaux groupes qui produisent de l’eau minérale – comme Nestlé, Danone et Sources Alma – continuer à empocher d’énormes bénéfices en commercialisant des produits frelatés qui n’ont plus grand-chose à voir avec l’eau de source.

La cour d’appel de Paris vient de reconnaître que le groupe bancaire avait pratiqué une discrimination à l’égard d’une salariée qui, après onze ans de bons et loyaux services, avait obtenu peu ou pas d’augmentation et n’avait jamais pu passer cadre alors que nombre de ses collègues au parcours similaire montaient en grade. Selon la cour, cette discrimination trouvait son origine dans le fait qu’il s’agissait d’une femme, qui plus est noire. C’est-à-dire qu’elle avait souffert d’une double discrimination, sexuelle et raciale. En matière de discrimination, cette banque est une habituée des tribunaux. La décision la plus spectaculaire la concernant date de juin 2023 lorsqu’elle avait été condamnée à verser 600 000 euros à un ancien salarié brimé pendant des années du fait de son activité syndicale. Un des slogans du groupe bancaire affirme « C’est vous l’avenir ». On devrait ajouter « à condition de n’être ni femme, ni Noir, ni syndicaliste ».

Les députés socialistes ont déposé un amendement au projet de budget qui propose de créer un impôt minimum sur les très hauts patrimoines. Cet impôt minimum serait de 3 % sur les patrimoines supérieurs à 10 millions d’euros. Cela peut paraitre, à première vue, marginalement plus contraignant que la taxe Zucman qui prônait une taxation de 2 % sur les patrimoines à partir de 100 millions d’euros. Mais, sans doute effrayés par leur audace, les socialistes ont aussitôt prévu des exceptions qui dispenseraient nombre d’ultra-riches de payer cet impôt minimum. En effet seraient exclus de l’assiette de l’impôt notamment les biens professionnels familiaux et les entreprises dites « innovantes ». Autant dire que même si l’amendement socialiste est adopté, ce qui est douteux, les nantis pourront dormir tranquilles.