Nos vies valent plus que leurs profits

Un pilier de l’ordre capitaliste à abattre

L’idéologie sécuritaire et répressive qui sert à justifier l’existence de la prison postule que la répression est le seul moyen d’empêcher les comportements asociaux et violents. Cela permet de ne jamais s’en prendre aux racines de ces comportements : la marginalité, la précarité, la pauvreté auxquelles est condamnée une fraction toujours croissante des classes populaires.

En écartant d’emblée la responsabilité de l’ordre social, il devient possible de culpabiliser les pauvres, considérés comme des irresponsables, comme des dangers pour l’ordre public. Avec pour conséquence d’en appeler plus ou moins ouvertement à un contrôle social des classes populaires. Ce n’est donc pas un hasard si la casse des services publics dans de nombreux pays depuis les années 1980 s’est accompagnée d’un tour de vis répressif et d’un renforcement des prisons.

Cette idéologie est hypocrite : les délits et les crimes des puissants – les politiciens et, à fortiori, les patrons – ne sont quasiment jamais punis quand, de l’autre côté, les pauvres reçoivent des peines disproportionnées.

Supposée préparer la « réinsertion » des détenus, la prison n’empêche pas la récidive, elle l’encourage même. La prison est le reflet d’une société fondée sur l’exploitation et les oppressions. Elle est une des nombreuses formes de la violence exercée par l’État pour assurer le maintien de l’ordre social.

Si les associations de soutien aux droits des détenus et de défense des droits démocratiques ont raison de dénoncer et combattre les violences en milieu pénitentiaire, nous ne pouvons nous contenter de chercher à rendre les prisons plus humaines. Ce sont les prisons elles-mêmes qui sont à détruire. Le fait même d’isoler et chercher à briser psychologiquement les individus pour prétendument les éduquer est une aberration.

Il faut se débarrasser des prisons dont la destination première est la répression des classes populaires, comme il faut se débarrasser de tous les autres instruments répressifs de l’État bourgeois – police, armée, tribunaux –, et construire une société qui ne prétendra plus éduquer la population par les matraques et les prisons.

Robin Klimt

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 59 de Révolutionnaires