C’est le quotidien américain The New York Times qui a levé le lièvre. Depuis plusieurs mois, un nouveau concept de travail chamboule le secteur de la haute technologique de la Silicon Valley, en Californie. Il est désigné par trois chiffres « 996 » qui signifie travailler de 9 heures du matin à 9 heures sur soir six jours par semaine, soit 72 heures hebdomadaires. Ce rythme de travail a été popularisé dans les années 2010 par des entreprises chinoises comme Alibaba, Huawei et ByteDance. Ce qui a entraîné plusieurs décès de salariés et l’interdiction par la Cour populaire suprême chinoise de cette pratique… qui pourtant se poursuit et gagne les États-Unis. Comme l’explique Adrian Kinnersley, un entrepreneur, à Wired, un média spécialisé dans les nouvelles technologies : « Nous avons plusieurs clients pour qui l’une des conditions pour sélectionner des candidats avant un entretien est de savoir s’ils sont prêts à travailler en 996. » Les patrons de plusieurs start-ups interviewés par ce même média ont également confirmé qu’une partie de leurs employés travaillaient désormais à ce rythme, qui est d’ailleurs mentionné dans certaines offres d’emploi. Certains rêvent maintenant d’exporter ce concept de surexploitation en Europe. Mais là, ce n’est pas gagné. Comme l’explique Harry Stebbings, un investisseur en capital-risque travaillant au Royaume-Uni : « Les gens en Europe ont l’air choqués quand on leur demande de travailler le week-end. » Tout comme ils sont révoltés quand on veut leur sucrer des jours fériés. Tous des fainéants on vous dit !