Le Petit Bulletin Lyon a réalisé des entretiens avec des candidats à la municipale de Lyon. Ci-dessous l’entretien avec Raphaëlle Mizony, pour le NPA-R.
Étudiante en licence d’espagnol à l’Université Lyon 2, Raphaëlle Mizony a commencé à militer à 16 ans. Elle a été placée aux côtés d’Anthony Bruno en tête d’une liste qui revendique sa jeunesse : 26 ans en moyenne.
Quelle serait votre première action ?
RM : Notre mesure phare porte sur la question des transports en commun. Nous nous réjouissons qu’elle soit aussi importante au cœur de cette campagne électorale, même si on se désole d’entendre certaines informations. Par exemple, on a pu entendre que le CO2 reste dans les tunnels, que les tunnels sont une solution pour restaurer des transports de qualité. On n’est pas d’accord avec ça, on n’est pas d’accord non plus avec le choix de l’allotissement de la mandature écologiste, séparant le mode bus du mode lourd. Cela a participé à la division du transport, c’est une vraie politique patronale. Nous, ce qu’on veut faire c’est : la gratuité pour toutes et tous et le développement de l’offre des transports en commun. C’est toujours compliqué de se déplacer à Lyon : les escalators sont en panne, les lignes sont mises en place trop vite… De plus, on n’oublie pas qu’il faut avant tout penser aux conditions de travail des salariés. Pour financer tout ça, il y a une solution : prendre l’argent où il y en a, c’est-à-dire dans les poches des patrons.
Quelles sont vos priorités ?
RM : Ce qu’on met en avant, c’est la lutte des travailleurs et des travailleuses. Au cours de cette campagne, on a été sur les piquets de grève des soignants et soignantes des urgences de Lyon Sud et de l’Hôpital Édouard Herriot. On a aussi été sur celui de l’entreprise Biomérieux qui se battait pour les augmentations des salaires. Mon camarade de tête de liste Anthony Bruno, aiguilleur du rail, était en grève mercredi dernier pour lutter contre les suppressions de poste. Il faut que les conditions de travail et de rémunération des travailleuses et des travailleurs soient la priorité des politiques publiques.
Quelles sont vos ambitions en matière de politique culturelle ?
RM : On a de grandes ambitions. On constate qu’il y a un accès inégalitaire à la culture et que des subventions ont été enlevées, notamment à des acteurs du territoire qui permettent l’accès à la culture. Je pense à la Biennale de la danse par exemple, ça me touche car j’ai participé au défilé il y a deux ans. Je pense également aux petites associations de quartier qui essaient de mettre en avant l’accès à la culture, notamment celle directement produite dans les quartiers populaires. Je suis née et j’ai grandi à Vaulx-en-Velin, c’est le Centre culturel Charlie Chaplin qui m’a initiée au théâtre. Il faut à la fois visibiliser la culture qui fait vivre les quartiers populaires et se battre pour que les travailleuses et les travailleurs aient du temps et de l’argent pour bénéficier de cette culture.
Vos programmes sont assez proches avec Lutte ouvrière, pourquoi ne pas avoir fait d’alliance ?
RM : On les considère effectivement comme des camarades de lutte, on leur a d’ailleurs proposé de faire liste commune. Ils ont refusé, ça viendra peut-être plus tard, à d’autres occasions.
Parmi les principales revendications de votre campagne, figure l’interdiction des licenciements, la gratuité des transports pour tous, la libre circulation et la régularisation de tous les sans-papiers, une augmentation des salaires de 400 euros et aucun salaire inférieur à 2 000 euros net et des services publics gratuits… : Rien de tout ça n’est une compétence municipale ou même métropolitaine.
RM : C’est vrai qu’on ne peut pas tout faire, il y a des compétences qui sont censées être nationales et il n’est pas question pour nous de faire des promesses. On a voulu parler de ces sujets-là parce qu’ils nous touchent, qu’ils sont au cœur de nos engagements. On souhaite avant tout rappeler que ces revendications ne pourront obtenir gain de cause que dans la lutte collective, faire comprendre qu’au même titre que les travailleuses et les travailleurs, les sans-papiers sont au cœur de nos préoccupations.