Officiellement, et malgré les centaines de morts de civils, les attaques des États-Unis et d’Israël ciblent d’abord les capacités militaires, nucléaires et les têtes du régime.
Difficile de décrypter les calculs réels de Washington : mettre un point final au programme nucléaire iranien, détruire durablement son arsenal balistique ? Ce sont les prétextes officiels. Faire définitivement tomber le régime ? Ou seulement l’obliger à se mettre sous sa coupe ?
Trump a annoncé avoir en tête trois noms de nouveaux dirigeants potentiels, sans les dévoiler, et a appelé la population à descendre dans les rues pour s’emparer du pouvoir… Alors même que les grandes villes comme Téhéran sont sous les bombes.
Il n’est pas certain que Reza Pahlavi, le fils du chah renversé en 1979, fasse partie de cette liste, même s’il exprime à tue-tête son ambition de prendre le pouvoir.
Un rapport de force en vue de nouvelles négociations ?
Quant à la République islamique, elle est certes affaiblie par la mort du guide suprême, Khamenei, ainsi que d’autres dirigeants, notamment le chef de l’état-major, le commandant des gardiens de la révolution, le ministre de la Défense, le chef des services de renseignements de la police et une quarantaine de hauts gradés. Mais plusieurs candidats sont envisagés pour la succession de Khamenei, dont Alireza Arafi, membre du conseil des Gardiens, nommé au conseil provisoire qui assurera l’intérim jusqu’à l’élection du nouveau guide suprême.
Bien que dérisoires face à la force de frappe des États-Unis et d’Israël, les forces militaires iraniennes, partiellement reconstituées avec l’aide de la Chine suite à la guerre de juin dernier, ripostent sur Israël, les pays accueillant des bases des États-Unis au Moyen-Orient et le détroit d’Ormuz, secondées par ce qu’il reste de relais iraniens dans la région, le Hezbollah libanais, les milices chiites irakiennes et les Houthis au Yémen. Ces attaques, sans infliger de défaite majeure à Trump et Netanyahou, pourraient permettre aux dirigeants iraniens de négocier leur maintien au pouvoir, au prix d’une forme d’allégeance qui pourrait satisfaire l’impérialisme américain.
3 mars 2026. Jean-Baptiste Pelé