Nos vies valent plus que leurs profits

Pas pour le bonheur du peuple iranien !

On a droit à des commentaires fantaisistes à propos de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. La guerre de Trump serait « sans objectif clair », titre un article du Monde du 3 mars. Il y aurait « du chaos dans l’esprit de Trump », dit un démocrate américain. Ah bon ? Voilà plus d’un an que Trump nous assène sa doctrine de la paix par la force pour imposer des deals prédateurs à l’Ukraine ou la Russie ; voilà deux mois qu’il a fait son coup de force contre Maduro pour ouvrir aux compagnies américaines les puits de pétrole vénézuéliens ; voilà des semaines qu’il rassemble dans le golfe Persique et en Méditerranée orientale des armadas sophistiquées, et ce serait par caprice ?

Sous prétexte d’arrêter l’Iran dans ses recherches atomiques, il s’agit surtout pour l’impérialisme américain d’assurer sa prépondérance mondiale, tout particulièrement contre la puissance émergente chinoise qui le menace. Ce n’est pas un hasard si le Venezuela, comme l’Iran, sont (ou étaient) parmi les plus importants fournisseurs de pétrole à la Chine. Le nucléaire aussi est en jeu, militaire et civil. Comme des voies commerciales qu’il s’agit de contrôler, entre autres ce détroit d’Ormuz par lequel transite une partie de la camelote mondiale. On voit comment son actuel blocage fait grimper aussitôt les prix du pétrole.

Après des traités de paix, les fameux accords d’Abraham, signés à l’automne 2020, par lesquels les Émirats arabes unis, Bahreïn puis le Maroc et le Soudan avaient signé leur allégeance aux États-Unis, l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 a donné à Israël et aux États-Unis l’occasion de frapper non seulement Gaza et la Cisjordanie, mais aussi le Hezbollah au Liban, les Houthis en mer Rouge, la Syrie (ce qui a précipité la chute d’el-Assad et de nouveaux dirigeants inféodés aux États-Unis).

En deux ans et demi, quasiment tous les non-alignés sur la politique américaine étaient détruits ou sérieusement neutralisés dans la région, sauf l’Iran, le cœur du réacteur ! L’offensive contre ce dernier pays, démarrée déjà par les bombardements israélo-américains de juin 2025, est donc là pour finir le travail et ouvrir aux États-Unis – pensent ses dirigeants – une zone enfin contrôlée, pour l’exploitation des richesses et le contrôle des voies commerciales.

La guerre régionale que les États-Unis mènent contre l’Iran, pour s’y tailler un régime à leur solde et n’avoir plus dans la région que des alliés (du moins parmi les régimes, probablement davantage encore d’ennemis parmi les peuples), vise à priver de moyens économiques sa principale rivale, la Chine. Les États-Unis ont fait d’Israël le principal porte-avion amiral de leur flotte. L’actuelle guerre illustre comment, quand les moyens économiques sont jugés insuffisants, des déploiements militaires colossaux viennent à la rescousse. Avec aujourd’hui une guerre totalement dissymétrique au profit de l’impérialisme américain.

Les buts impérialistes sont clairs, même s’ils amèneront probablement le chaos !

3 mars 2026. Michelle Verdier

 

 


 

 

La nouvelle expédition punitive de l’impérialisme américain s’inscrit dans une longue lignée d’interventions destinées à faire basculer des régimes récalcitrants. À chaque fois, les armadas impérialistes ont prétendu agir au nom de la protection ou des droits démocratiques des populations qu’ils bombardaient. Ce genre de mensonge ne trompe certainement personne. Mais le caractère réactionnaire des régimes visés peut parfois semer l’illusion qu’une intervention ne pourrait pas empirer la situation.

Et pourtant, que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Mali ou en Centrafrique (pour ne prendre que les guerres les plus destructrices du XXe siècle), les « libérateurs » impérialistes ont semé la destruction, la mort et la misère. Ils ont enterré sous les bombes les espoirs de révolution et, lorsqu’ils n’ont pas fini par s’arranger avec les dictatures pourries, ils les ont remplacées par un chaos de bandes armées encore plus dangereuses.

 

 


 

 

Les articles sur la guerre contre l’Iran du numéro 52 de Révolutionnaires, paru le 5 mars 2026