Depuis le 3 mars, 14 salariés (dont 11 sans les bons papiers et 11 femmes) occupent leur salon de coiffure à deux pas de la gare de l’Est. Salaires impayés, rétention de 250 euros sur chaque fiche de paie, absence de repos, usages de produits dangereux : les motifs de la révolte contre l’employeur rapace sont nombreux. Après s’être rapprochés de la CGT parisienne en début d’année, les salariés ont eu la visite de l’inspection du travail accompagnée de la police et des douanes. Il n’en a pas fallu plus pour décider du passage à l’action et lancer une grève unanime. Chaque jour les salariés en grève épaulés par des militants de la CGT se rassemblent dans le salon, et relayent pour y passer la nuit. Elles seront présentes dans les cortèges du 8 mars avec leur caisse de grève.
Pas de nouvelle de l’employeur véreux qui a courageusement fui et abandonné l’entreprise aux grévistes, bien décidés à ne pas la lâcher. En bon crocodile, il a fait semblant d’être la victime « qui ne voulait que rendre service ». Sur le boulevard de Strasbourg, comme dans le reste du quartier, ce type de salon et de patron ne manque pas. tandis que les politiques racistes de chasse aux travailleurs immigrés se multiplient. Leur lutte doit être un exemple. Ces travailleuses en grève sont en tout cas parties pour durer.
Benjamin Guignard
