
Les cowboys sous uniforme…
À Toulouse le 27 février, la BAC débarque pour cambriolage, par la fenêtre d’une maison. Le cambriolage en question ? Evan, 19 ans, chez lui, dans le noir en raison d’une coupure d’électricité. Entre personnes civilisées, le quiproquo aurait vite été réglé : « Bonjour Monsieur, que faites-vous ici ? – C’est chez moi. – Très bien, bonne soirée. » Mais chez les flics, on ne fait pas dans la civilité, surtout face à un jeune homme noir. Leur manière d’éclaircir la situation a été de passer à tabac Evan avant de prendre la fuite en découvrant leur erreur. Entrée par effraction, coups et blessures, délit de fuite, non-assistance à personne en danger : c’est qui la racaille ?
… protégés par les juges en robe
La police de Toulouse aurait sans doute préféré passer l’agression sous silence. Pas de bol pour eux, les photos et la plainte de la famille ont été révélées en mars. La plupart du temps, pour les violences policières, la justice traîne des pieds, espérant enterrer les affaires ou en limiter les retentissements. Les flics du commissariat du 20e arrondissement de Paris, où a été tué El Hacen Diarra en janvier, sont ainsi toujours en activité pendant que l’instruction stagne. Pour Nahel Merzouk, 17 ans, tué à bout portant à Nanterre en 2023, c’est la vague de protestation dans la rue qui avait poussé le parquet à finalement poursuivre ce mal nommé « gardien de la paix » aux assises pour homicide volontaire. Mais maintenant que les émeutes se sont éteintes, cette justice de classe a finalement rétropédalé.
Début mars, la cour d’appel de Versailles a requalifié les faits de « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » qui seront finalement jugés devant une cour criminelle.
Le ping-pong judiciaire cache bien mal que l’impunité est organisée au plus haut. Laurent Nuñez, préfet de police à l’époque et désormais ministre de l’Intérieur, avait appuyé une procédure dérogatoire pour muter le policier. Le directeur général de la police nationale, puis le secrétaire général du syndicat des commissaires, s’étaient relayés sur les plateaux TV pour le défendre. L’extrême droite avait organisé pour lui une cagnotte. Résultat des courses après deux ans : le voilà libre, presque blanchi, millionnaire, et muté au soleil. Le crime paie quand on a l’État avec soi.
17 mars 2026, Alexis Micshen