Nos vies valent plus que leurs profits

Livreurs : la course à toujours plus d’exploitation

Une enquête récente de l’Institut national d’études démographiques et de Médecins du monde sur les livreurs à vélo donne un bilan édifiant : en moyenne, 63 heures de travail par semaine pour moins de 1 000 euros net par mois. Les deux tiers des livreurs sont sans papiers et près des trois quarts passent par la location de comptes pour pouvoir travailler, moyennant un « loyer » d’environ 528 euros mensuels. À Paris, plus de deux livreurs sur trois déclarent avoir subi au moins un accident dans le cadre de leur activité. Maintenus au status d’« auto-entrepreneurs » par les plateformes, les livreurs ne sont pas soumis aux obligations du Code du travail en termes de salaire minimum, temps de travail, indemnités maladie, etc. Et les heures de travail sont largement sous-estimées, car elles ne sont décomptées que sur les temps de course alors que le temps d’attente de plats peut représenter plus de la moitié de la journée. Une situation de surexploitation qui ne pourra être brisée que par la lutte.