Nos vies valent plus que leurs profits

La loi Yadan à moitié à la poubelle ? Mettons-y l’autre moitié !

La députée Caroline Yadan, élue d’une circonscription des Français de l’étranger dont la moitié des 130 000 électeurs habitent Israël et les territoires occupés palestiniens, travaille depuis plusieurs mois à une loi visant à empêcher toute critique du gouvernement israélien en l’assimilant à de l’antisémitisme. Même revue et corrigée sous la pression du Conseil d’État, elle menace de peines allant jusqu’à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende les soutiens du peuple palestinien.

En réaction, ceux-ci ont manifesté et alerté l’opinion. La pétition contre la loi Yadan déposée sur le site internet de l’Assemblée nationale n’avait recueilli que quelques milliers de signatures depuis son lancement le 19 février. Elle a connu ces dernières semaines une percée fulgurante, probablement dopée par la création en Israël de la peine de mort pour les « terroristes » palestiniens, ou la mise à feu et à sang du Moyen-Orient par Trump et Netanyahou. La barre des 200 000 signatures était franchie le 4 avril, celle des 500 000 le 9.

Ce seuil déclenche en principe un débat parlementaire. Mais il serait naïf de s’en remettre aux palabres à l’Assemblée. De la macronie et François Hollande à l’extrême droite, un arc large de députés soutient la proposition de loi Yadan. Il est donc de bon augure que la pétition continue de progresser – le seuil des 700 000 signatures est, à l’heure où nous écrivons, en vue. Cela doit encourager tous les défenseurs du peuple palestinien à relever la tête, reprendre la rue en nombre et élargir encore l’opposition à la loi Yadan. Comme le relevait il y a peu l’ancien dirigeant de Médecins sans frontières Rony Brauman, les coupables ne sont pas ceux qui dénoncent le massacre des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, la colonisation ou l’apartheid dont est affligée la société israélienne. Ce sont ceux qui commettent ces crimes.

12 avril 2026. Mathieu Parant